Marketing et Sport au “Blog Show”

J’étais invité au Blog Show jeudi dernier pour parler à la fois de mon blog et du nouveau site myfreesport.fr. J’ai réellement apprécié cette expérience de web TV. Pour information, le Blog Show est une toute jeune émission diffusée en direct sur Internet et qui traite de l’actualité des blogs. Vous pouvez également retrouver tous les podcasts audio et vidéo en allant sur le site.

Un grand bravo au chef d’orchestre Fred de Mai, ainsi qu’à l’équipe éditoriale et technique. Merci également à Gaspanik TV de soutenir gracieusement une telle initiative.Le blog du marketing sportif.

Sport et nouveaux médias : focus sur l’Equipe 24/24

Alors que télévision mobile n’en est qu’à ses prémices, plusieurs idées semblent se confirmer : tout d’abord, il existe un réel intérêt de la part des consommateurs pour les services mobiles, notamment vidéo, en situation de mobilité. On le voit clairement avec les chiffres actuels et les prévisions de mobinautes.
Deuxième point : la télévision mobile de masse devrait être possible avec la norme DVB-H actuellement en phase de test. Aujourd’hui, avec les normes EDGE/UMTS, la saturation des réseaux est largement envisageable pour cause de bande passante limitée ce qui n’arrivera pas avec la DVB-H, laquelle fonctionne sur le mode broadcast (ou diffusion, comme la télévision hertzienne), ce qui autorise un nombre illimité d’utilisateurs.

Dans le domaine du sport, deux types de services mobiles peuvent être mis en avant : les services sous forme de textes, sons et images (SMS, MMS, Vocal, WAP, Smartphone) et ceux sous forme de vidéos. Dans ce cas-là, on peut distinguer les vidéos en direct ou quasi-direct (near live) pour lesquelles les opérateurs payent des droits (exemple : SFR pour la Coupe du Monde de Football) et les vidéos à la demande (VOD). Ce sont alors des résumés, des reportages, ainsi qu’un catalogue de vidéos qui sont proposés au consommateur.

Le sport par l’émotion et l’enthousiasme qu’il procure doit être vécu et donc vu en temps réel. Orange qui possède les droits sportifs de la Ligue 1 note que 80% des connections sont effectuées pendant les matches et seulement 20% pour la VOD, c’est à dire les résumés. Le produit star est donc le direct.
Parmi les enjeux des nouveaux médias dans le sport, on peut noter la question des droits sportifs — quid de l’exclusivité des acquéreurs et du droit à l’info pour les autres (cf. Télévision sans frontières) –, des usages, du modèle économique et donc de la tarification des offres.

Focus sur l’Equipe 24/24

L’Equipe 24/24 est une entité de l’Equipe (groupe Amaury) chargée du développement des activités numériques : web, TV et mobile. J’ai essayé ici de rassembler les différents projets en cours et possibles dans le domaine des nouveaux médias.

1) WEB
- gestion de ses propres sites Internet : l’Equipe..fr — N°1 dans le sport : articles, directs, fils RSS… –, Rugby — version online du nouvel hebdo –, France Football
- édition de contenu pour des portails en marque blanche : AOL Sport
- lancement d’un site de vente en ligne privée de matériel de sport : Born4sports
- vente en ligne : journal, photos, livres et une boutique en partenariat avec Kelkoo (Groupe Yahoo!)
- jeux: concours pour gagner des jeux, des places VIP…
- grands débuts de la vidéo sur le site lequipe.fr via l’Equipe TV Live ou le podcasting (voir plus bas)

2) TV
- chaîne de télévision N°1 sur l’information sportive : journaux TV, magazines, reportages, débats ; a priori pas de concurrence avec les chaînes de retransmission
- production de journaux et de reportages ; vidéos accessibles sur les autres canaux (web et mobile) ?

3) MOBILE
- édition et fourniture de contenu chez les 3 opérateurs mobiles : site éditorial pour I-Mode (Bouygues Télécom), contenu pour Orange et SFR
- services mobiles : MMS d’alertes (scores et classements), suivi en direct, commentaires sans oublier le téléchargement defonds d’écran et de sonneries
- service vocal : transferts, résultats, live…
- quelques idées de services mobiles à développer : des espaces communautaires (chat, groupes de discussion…), des programmes courts conçus spécialement pour le format mobile, du vote — cf. “La question du jour” –, etc

= WEB, TV et MOBILE
-> l’Equipe, présent sur les différents médias — presse, web, tv et mobile –, peut faire converger ses différents contenus, même si les formats diffèrent :
- l’Equipe TV est disponible en direct sur Internet — gratuit pour l’audio et 3€ par mois pour la vidéo — et sur le mobile via notamment l’offre Orange Intense avec 50 chaînes TV
- l’Equipe 24/24 lance également des podcasts vidéo : des flashs d’actu et des reportages d’une durée de 2 minutes environ. Des services gratuits pour l’instant histoire de toucher une large cible et de fidéliser les consommateurs
-> au début de l’article, on insistait sur le rôle du direct. On peut également souligner l’importance de l’image. Dans cette optique, l’Equipe a un handicap, celui de ne pas posséder les droits sportifs. Deux options sont possibles : soit produire ses propres images/reportages comme c’est déjà le cas, soit obtenir l’autorisation d’utiliser les images de sport en différé au nom du droit à l’information.

Afin de compléter l’article, je vous recommande d’aller voir l’interview de Xavier Spender, DGa du groupe L’Equipe en charge du développement et des filiales, sur le blog de Laurent .

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La Ligue 1 perd en intérêt et en crédibilité

Suite à l’affaire PSG - Marseille et au boycott du match par ce dernier — avec pour conséquences la venue de l’équipe de réserve au Parc des Princes et l’absence des supporters marseillais –, le traditionnel Clasico de la Ligue 1 a viré à la mascarade. Arguant que la sécurité n’était pas assurée pour ses supporters, le président de l’Olympique de Marseille, Pape Diouf, a décidé de ne pas envoyer son équipe première. Pas de Barthez, ni de Ribéry à l’horizon, mais des “minots”, ces jeunes marseillais du centre de formation.

Dans cette situation ubuesque, deux acteurs sont principalement lésés : tout d’abord, le public et les téléspectateurs – français ou étrangers — qui attendaient avec impatience un des matches-phare de la saison. Au lieu de cela, ils ont pu assister à match de Coupe, relativement inintéressant.
Le deuxième acteur pris en otage dans cette affaire est le diffuseur Canal+. Le directeur des sports, Alexandre Bompard, parle de “préjudice majeur pour le groupe Canal+” et veut “obtenir réparation”. Il est vrai que ce non-match dévalorise largement les droits TV acquis au prix fort par le groupe (600 M€ pour 3 saisons).

La Ligue 1, qui, par rapport aux autres championnats européens, est déjà en manque de stars et de buts pour des causes diverses et variées, n’avait pas besoin d’un épisode comme celui-là. Dans un contexte où la Ligue de football professionnel veut rendre son produit plus attractif en favorisant notamment le spectacle et donc le nombre de buts, les propositions de Michel Hidalgo devraient trouver un écho favorable.

Ce mauvais remake PSG/OM est d’autant plus visible que, dans le même temps, la rencontre Stade Français/Biarritz Olympique fêtait le rugby au Stade de France avec un triple succès à la clé : médiatique, sportif et populaire.

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Les audiences de France Télévisions en forme olympique

France Télévisions signe un joli succès d’audience en obtenant 40,7% de part d’audience pendant les Jeux Olympiques de Turin. Du 10 et le 26 février, “plus de 184 heures de programmes ont été proposées aux téléspectateurs par l’équipe des Sports de France Télévisions, attirant au total près de 50 millions de téléspectateurs sur France 2 et France 3″ dixit le communiqué.

Voici le détail des résultats d’audience :

- les directs de l’après-midi : 2,4 M de téléspectateurs (17,8% de PdA sur France 3 et 19,5 % de PdA sur France 2).

- les émissions quotidiennes : 3,3 M de téléspectateurs pour “Un Jour à Turin” (du lundi au vendredi à 19h sur France 2) et “Le Journal des Jeux” (tous les jours à 20h15 sur France 3).

- les soirées de compétition : 6,6 M de téléspectateurs lors des 2 premières parties de soirée diffusée sur France 2 (PdA de 28%) ; 5 M de téléspectateurs (21,8% de PdA) pour France 3.

A mon avis, ces excellentes audiences tiennent à la forte mobilisation du groupe pour l’événement : qualité et largeur de la couverture télévisuelle, forts moyens journalistiques et techniques, présence de consultants dans chaque épreuve. De plus, l’audience a pu surfer sur les bons résultats des champions français dès les premiers jours de Turin 2006.

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Télévision mobile : enjeux et perspectives

A l’heure où la télévision mobile est promise à un grand avenir, il semble bon de faire le point sur les acteurs, les technologies, les offres et leur impact sur le marché du sport.

Faisant suite à la deuxième génération de téléphones mobiles (GSM), les normes utilisées actuellement — le GPRS (2,5G), l’EDGE (2,75G) et l’UMTS (3G) — permettent des débits toujours plus importants et une palette de services plus large. En plus des services de base (voix, SMS, WAP), le GPRS autorise l’envoi de MMS, la consultation de ses emails et le téléchargement ; l’EDGE et l’UMTS proposent en sus le surf sur Internet, le streaming vidéo et la visiophonie. Il convient de préciser que, d’une part, ces deux normes possèdent leur propre réseau — et une couverture de la population propre à chacun de ces réseaux –, et que, d’autre part, l’UMTS propose des débits et donc des résultats supérieurs à l’EDGE.

Programmes sportifs et mobilité

En plus d’un accès direct à l’information via notamment les SMS et le WAP, l’évolution de la technologie mobile permet la diffusion de vidéo en streaming. Concrètement, cela veut dire regarder un programme court ou la télévision en quasi-direct. Les perspectives sont donc doubles : vidéo à la demande (VOD) et “near live”. Dans une interview à Sport Finance et Marketing, le directeur marketing d’Orange considère le sport comme un critère de différenciation de son offre. Celui-ci compte d’ailleurs pour “10% à 15% des consultations de la VOD” dont 80% pour le football.
Le format mobile nécessite la production de contenus spécifiques ce qui a favorisé l’arrivée de nouveaux entrants sur le marché, tels que les fournisseurs de contenu. Ainsi, Orange qui possède les droits de plusieurs événements sportifs (Ligue 1, Tour de France, Roland Garros) sous-traite à Sporever la production de vidéos sur lesdits événements et les ajoute à son catalogue VOD. Mais la concurrence n’est pas en reste. Détenteur des droits mobile de l’Equipe de France et de la Coupe du Monde 2006, SFR proposera jusqu’à 4 minutes de near live à ses abonnés 3G pour suivre les matches en Allemagne. Parce que l’offre de contenus est déterminante pour les abonnés, la bataille pour l’acquisition de droits mobile est déclarée.
Avec Internet, l’émergence de ce quatrième écran ouvre des perspectives en terme de distribution des nouveaux médias. Citons le cas d’Eurosport, première chaîne du câble et du satellite, qui propose aux abonnés des opérateurs français d’accéder à Eurosport Mobile. Cette application reprend les services proposés sur le site Internet à savoir (live, vidéos, résultats, classements, photos…). En tous les cas, une convergence des médias télévision, Internet et téléphonie mobile semble se dessiner.

Questions juridiques et perspectives technologiques

Si la vidéo sur mobile semble moins un concurrent qu’un complément à la télévision — on voit mal quelqu’un regarder un match de football sur l’écran de son mobile s’il peut profiter du confort d’un téléviseur et de son écran large –, elle peut même être un allié. En témoignent les alliances entre bouquets satellitaires et opérateurs. En août 2005, Orange avait annoncé sa position de leader avec 50 chaînes disponibles en direct.
Ce joli résultat doit cependant être relativisé : dans le cas d’un grand nombre d’utilisateurs connectés au service de télévision en direct, la technologie EGDE/3G ne peut éviter la saturation. La solution réside a priori dans les normes du type DVB-H qui permettent une diffusion hertzienne (comme la télévision) mobile. Cette norme, actuellement en cours d’expérimentation en Europe, autoriserait un accès continu aux chaînes de télévision.

En terme de vidéo sur mobile, de nombreux points restent à définir ou à clarifier tant du point de vue économique — quel modèle économique ? gratuité ou non des contenus ? quel rôle pour le distributeur ? etc. — que du point de vue juridique — qui possède les droits ? quel droit à l’information ? –
En tous les cas, la richesse de l’année 2006 en événements sportifs — Jeux Olympiques d’Hiver et Coupe du Monde de footbal sans compter les habituels Ligue des Champions, Roland Garros, Tour de France, etc. — pourrait bien confirmer le démarrage de la 3G en France en jouant un rôle de catalyseur.

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Crédit photo : Canal+/Orange