Le Tour de France, épisode 2 : le boom des nouveaux médias

Floyd Landis

Largement plébiscités, les nouveaux médias (Internet & mobile) sont, sinon une alternative, un complément aux médias traditionnels (TV, radio, presse écrite) moins interactifs. Petit tour d’horizon des principaux acteurs de la place et de la couverture accordée au 3è événement sportif mondial, le Tour de France.

Les majors de l’information sportive — L’Equipe (groupe Amaury), Eurosport (groupe TF1), Sport365 (groupe Sporever), Sport24 (Le Figaro), Sport — nous proposent tous des articles, des images (photos, infographies et/ou diaporamas), un suivi de l’étape en direct.

Certains tirent leur épingle du jeu grâce un indéniable “plus” multimédia. Le partenaire média du Tour de France, France Télévisions, via ses sites Internet france2.fr et france3.fr, propose des vidéos en streaming (résumés gratuits, suivi intégral et en direct avec abonnement). Eurosport et Sport365 mettent également l’accent sur les “images qui bougent”. Le premier offrant des résumés, le deuxième s’intéressant aux interviews. Il va de soi que, seuls les propriétaires des droits — en l’occurence France Télévisions pour le hertzien et Eurosport pour le câble –, peuvent effectivement diffuser des résumés vidéos.

A signaler : le portail Sport24.com dispose d’un partenariat audio avec la radio RMC, partenariat existant déjà pendant la Coupe du Monde de football. L’internaute peut donc écouter les podcasts consacrés au Tour de France. Au niveau de la vidéo, Sport 24 reprend les images de BFM TV, chaîne qui, au titre du droit à l’information, peut diffuser le résumé de l’étape sans posséder les droits de l’événement.

En se positionnant sur les nouveaux outils tels que les blogs, les sites d’information sportive se mettent à l’heure du web 2.0. Le phénomène communautaire avec l’emploi de blogs de consultants — phénomène déjà présent lors de la Coupe du Monde — tend à se confirmer. Petit panorama avec mes remarques :

- Sport avec Bernard Thévenet : blog mis à jour quotidiennement et tenu par un double vainqueur du Tour de France, ex-commentateur sur France Télévisions.

- L’Equipe.fr avec Jean-François Bernard : blog intégré au site lequipe.fr ; peu de mises à jour sur le blog mais de nombreuses reprises dans le “chrono”.

- Eurosport avec le blog des commentateurs vélo : peu intéressant, rarement mis à jour. Dommage que le groupe n’ait pas fait appel à Richard Virenque, qui commentait uniquement à la télévision.

- Sport365 avec Patrick Chêne : le PDG de Sporever, ex-journaliste sur le Tour de France, est mis à contribution pour un jeu de questions/réponses régulières.

Et vous, où avez-vous surfé pendant ce Tour de France ?
- Qu’est-ce qui vous a plu ? ou déplu ?

- Que suggérez-vous ?

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Tour de France, épisode 1 : les audiences de France Télévisions

Tour de France 2006

Après un mois de juin difficile – pour ne pas dire morose – en termes d’audience, France Télévisions commence à se refaire une santé avec le Tour de France qui se déroule du 1er au 23 juillet 2006. Le groupe a en effet subi de plein fouet la désertion de ses chaînes pour cause de Coupe du Monde de football. Il a ensuite été en concurrence frontale avec les chaînes privées couvrant l’événement – TF1/Eurosport, M6 et Canal Plus – lors de la première semaine du Tour. L’audience s’en est ressentie puisqu’elle était en retrait de près de 14% par rapport à 2005. La semaine suivante, les téléspectateurs ont retrouvé le chemin de France Télévisions puisqu’ils étaient quotidiennement plus de 3,8 M (41,8 % de part de marché). Le 13 juillet, 5,8 M de téléspectateurs (49% de PDM) étaient devant leur poste pour suivre la prestigieuse étape de montagne des Pyrénées.

Globalement, les audiences devraient être en deçà des chiffres prévus, et ce pour plusieurs raisons. La pénurie de coureurs “stars” du peloton pour cause de retraite tel que Armstrong ou de présomption de dopage – Ullrich et Basso, pour ne citer qu’eux – joue clairement un rôle dans l’attrait moindre que revêt le Tour cette année. Ce moindre intérêt se fait notamment sentir pour les chaînes étrangères, notamment allemandes et américaines, qui enregistrent des scores moitié moindres. Pour s’intéresser au spectacle sportif, il est vrai qu’une grande partie des téléspectateurs a besoin de cyclistes déjà reconnus et médiatisés, autrement dit de “produits d’appel”.

Et vous, que pensez-vous de ce Tour de France avec une course plutôt « ouverte » ? En termes d’audience, est-ce plutôt une opportunité ou un handicap ?

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Et bientôt : Tour de France, épisode 2 : le web s’échappe

Londres 2007 : Grand Départ du Tour de France

Amaury Sport Organisation a confirmé le départ du Tour de France 2007 depuis la capitale britannique. L’an passé, le choix de Londres avait déjà été évoqué par la Direction du Tour.

Pour la 16è fois depuis 1954, le Grand Départ du Tour s’exporte. Et depuis la fin des années 80, le Tour s’élance régulièrement depuis l’étranger, tous les trois ans en moyenne. Récemment, on se souvient de Dublin (1998), Luxembourg (2002) et Liège (2004). Il faut dire que c’est une formidable campagne de promotion d’un pays et d’une ville auprès des partenaires, du public et des médias internationaux. De plus, lors des Grands Départs et des incursions du Tour à l’étranger, la ferveur y est encore plus grande qu’en France. Pensez à l’Allemagne ou à l’Espagne.

Après la désignation de la ville olympique pour les JO 2012, le choix de l’Angleterre et de Londres est une vraie opération de prestige. Cela devrait développer le potentiel médiatique de l’événement outre-manche. Le ticket d’entrée est évalué à un peu plus d’un million d’euros. Rappelons que Strasbourg d’où s’élancera le Tour 2006 a déboursé 1,2 million d’euros pour la ville-hôte du Grand Départ. Le parcours complet de l’édition 2007 sera dévoilé à l’automne 2006.

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Le p’tit + : Ayant fait partie de l’équipe de Relations Publiques sur le Tour de France 2005, j’insiste sur l’importance des retombées pour la ville du Grand Départ. L’ensemble des suiveurs (sponsors, médias, organisateurs) sont présents 5 jours avant le prologue : présentations diverses, conférences de presse, distribution des accréditations… N’oublions pas que tout ce petit monde mange et dort… Et que les caméras du monde entier sont braquées sur la région en question.

En savoir plus : ASO, Tour de France

Tour de France : quelles priorités pour 2006 ?

Tour 2006C’est le 27 octobre 2005 qu’a eu lieu la grand-messe du pôle Cyclisme d’ASO, à savoir la présentation officielle du parcours du Tour de France 2006. Celui-ci sera notamment l’occasion pour Jean-Marie Leblanc, Directeur Général Délégué, de passer officiellement la main à Christian Prudhomme.
Le tracé du 93è Tour de France traversera cinq de nos pays frontaliers et fera escale au Luxembourg, aux Pays-Bas et en Espagne. Avec en plus un Grand Départ à Strasbourg, siège du Parlement Européen, le Tour 2006 adopte un ton résolument européen.
Côté course, le départ d’Armstrong, septuple vainqueur, devrait a priori donner des ailes à certains tels Basso, Vinokourov ou encore aux révélations Valverde ou encore Cunego. Si le Tour veut continuer à séduire le public américain, Hincapie, l’ancien lieutenant d’Armstrong chez Discovery Channel, devra briller en juillet prochain.

Priorité à la lutte contre le dopage

Afin d’enrayer la suspicion à l’égard des coureurs et surtout de punir sévérement les tricheurs, la Direction du Tour a clairement demandé le soutien de l’Agence Mondiale Anti-Dopage (AMA). “Avec ses moyens, ses règlements, ses procédures, elle pourra peut-être faire mieux, notamment quant à la multiplication des contrôles inopinés sur les lieux d’entraînement des athlètes” a déclaré Jean-Marie Leblanc. Il souhaite notamment que ceux-ci soient renforcés avant le départ. Dick Pound, président de l’AMA, considère que “cette opportunité permettra de renforcer le programme de contrôle ainsi que d’assurer que les tricheurs soient démasqués et que l’intégrité du Tour de France et du sport cycliste soit protégée”.

Pour Christian Prudhomme, futur patron du Tour, “les organisateurs n’ont aucun intérêt au dopage. Le cyclisme est un sport de valeur relative. On se fiche de savoir à quelle vitesse Anquetil et Poulidor ont grimpé le Puy-de-Dôme en 1964, Hinault et LeMond L’Alpe d’Huez en 1986. Si les gens aiment le vélo, c’est que le cyclisme apporte un formidable sentiment de don de soi, de dépassement, d’humilité. Ces valeurs doivent permettre au cyclisme d’être très beau longtemps encore, à condition de regarder les choses en face”. En effet, la politique de l’autruche ne tiendrait pas sur le long cours et condamnerait ce sport. Mais, en même temps, la viabilité du cyclisme est gouvernée par des intérêts à court terme. L’équilibre reste donc toujours à définir.

Le business du Tour de France

Si l’aspect sportif de l’événement prime pour le grand public, il est aussi un rendez-vous incontournable pour les entreprises et les médias. Petit passage en revue… Statu quo du côté des partenaires du Tour. Les quatre membres du Club du Tour de France — Champion, Crédit Lyonnais, Aquarel et Skoda — restent fidèles au poste. A noter également l’upgrade de Konica Minolta Photo Imaging, ancien Fournisseur Officiel, qui devient Partenaire Officiel. Le Tour de France reste une formidable plate-forme pour qui veut communiquer : 15 millions de spectateurs sur les routes du Tour, plus de 4 millions de téléspectateurs quotidiens en France, plus de 3.000 heures de diffusion dans le monde… La palette des partenariats s’étend du simple Fournisseur Officiel au Club du Tour de France en passant par les Partenaires Officiels. Le but de l’opération étant d’augmenter notoriété et image de l’entreprise au travers de relations publiques — Village Départ, suivi de l’étape en avant-course, Car VIP sur la ligne d’arrivée, etc. — et de sponsoring — maillots, dossards, etc. Parallèlement à cela, la caravane publicitaire avec 180 véhicules, ses 38 marques et ses 10 millions de cadeaux distribués est une opération de proximité à l’échelle nationale. Côté merchandising, le logo “Tour de France” mis en place il y a quelques années représente aujourd’hui une véritable marque. Celle-ci est d’ailleurs vendue à tous les publics (grand public et VIP) au départ, sur le parcours et à l’arrivée. La marque est également présente sur Internet via le site de VPC Made In Sport.

Julien Hermetet
Le blog du marketing sportif

En savoir plus : Voir le parcours 2006, Le Tour de France - Site officiel, ASO - Le site corporate

A voir : Tour de France 2005 (DVD) / A lire : Cols mythiques (coll. L’Equipe), Le Tour de France en B.D. (par L. Jalabert)