Roland Garros - Le projet d’extension : un enjeu stratégique

 

Copyright Arnulf Rainer - Galerie Lelong/FFT 2008

Les Internationaux de France 2008 qui se déroulent du 25 mai au 8 juin 2008 célèbrent cette année les 80 ans du stade Roland Garros. A cette occasion, l’opération “Roland-Garros dans la ville” dont le but est de faire partager l’ambiance festive du tournoi au plus grand nombre est révélatrice de la nécessité à développer la popularité de l’événement. En effet, le statut de Grand Chelem accordé au tournoi peut être remis en cause à l’avenir. Afin de lutter contre une forte concurrence et de prévenir une telle remise en cause, le tournoi doit élever ses standards de qualité, innover et moderniser ses installations.

Un contexte de concurrence mondiale

Si Roland Garros fait toujours partie du club très fermé des Tournois du Grand Chelem, le tournoi est relativement à la traîne en termes d’équipements freinant, entre autres, le développement de la fréquentation et la garantie de diffusion télévisuelle.

En effet, les trois autres tournois du Grand Chelem — l’Open d’Australie, Wimbledon et l’US Open — disposent d’une superficie largement supérieure à celle de l’événement parisien, respectivement de 20 hectares, 20 hectares et 14 hectares lorsque Roland Garros doit se contenter de 8,5 hectares. La superficie est un élément important dans l’optique de proposer un confort optimum aux spectateurs et d’augmenter le nombre de visiteurs pendant la quinzaine.

Last but not least, ces trois tournois disposent déjà de toits rétractables ou, du moins, en ont le projet à court terme ; l’objectif étant d’éliminer la dépendance au facteur météorologique et de pouvoir retransmettre de manière certaine des matches à heures fixes. Paris, a contrario, se retrouve régulièrement sous la pluie et doit reporter les matches sine die.

A l’instar de la Formule 1 qui a vu l’apparition de nouveaux Grand Prix en Asie-Pacifique (Bahreïn, Malaisie, Singapour) ces cinq dernières années, les tournois Masters tels que Shanghaï montrent des vélléités de Grand Chelem, en complément ou en remplacement d’un tournoi européen. Même en Europe, le Masters de Madrid va concurrencer la Porte d’Auteuil. A partir de 2009, ce tournoi disposera notamment de trois courts avec toit rétractable.

Le projet d’extension : un enjeu stratégique

Si la Fédération Française de Tennis (FFT) qui gère l’organisation du Tournoi de Roland Garros a bien anticipé le phénomène en intégrant un projet d’extension dans le dossier de candidature aux Jeux Olympiques, l’échec de Paris 2012 a clairement marqué un coup d’arrêt. Pourtant, cette extension est aujourd’hui cruciale pour permettre au tournoi parisien de conserver son statut.

Le nouveau projet de Roland Garros d’ici à 2012 comprend la mise en place d’un toit rétractable sur le court central et l’extension du stade au Centre Sportif Georges Hébert qui apporterait 2 hectares supplémentaires. En termes d’équipements, la construction de deux courts annexes de 1.000 et 2.500 places sont prévus. Jardins et terrasses paysagers d’une superficie de 6.000 mètres carrés sont également au programme. Le coût du projet est estimé à 120 millions d’euros répartis entre la Fédération (66%), la Ville de Paris (17%) et l’Etat (17%). L’extension si elle est avalisée par les responsables politiques permettrait de passer d’une moyenne de 30.000 spectateurs par jour à 40.000, soit +33%, et de viser les 600.000 visiteurs pendant l’événement.

Le blog du marketing sportif

L’édition 2008 en chiffres

Quel budget ? Quel résultat ?

- Budget prévisionnel : 126 millions d’euros (+6,7% Vs. 2007)
- Dotation globale : 15,6 millions d’euros (+2% Vs. 2007)
- Résultat brut : 40% du budget prévisionnel soit 50 millions d’euros redistribués dans les clubs

Quelles sources de revenus ?

- Droits TV : 40 millions d’euros (dont 11,5 millions avec France Télévisions)
- Relations publiques : 28 millions d’euros
- Partenariats et sponsoring : 27 millions d’euros
- Billetterie : 21 millions d’euros
- Merchandising : 9 millions d’euros

Quelle audience ?

- Audience TV : 3 milliards de téléspectateurs dans 210 pays en 2007
- Audience Internet : 5,1 millions de visiteurs uniques dans le monde en 2007 (version trilingue : français, anglais et espagnol)

Les partenariats à Roland Garros

- Le parrain officiel (1) : BNP Paribas
- Les partenaires officiels (10) : adidas, Alain Afflelou, Lagardère, Federal Express, IBM, Lacoste, Perrier, Orange, Peugeot, Longines
- Les fournisseurs officiels (10) : Adecco, Algeco, Dunlop, Häagen Dazs, Nespresso, One, Sagem, Sogeres, Tecnifibre, Tropicana
- Les licenciés officiels (10) : adidas, Alain Afflelou, Carré Blanc, Dunlop, Lacoste, Lancel, Nespresso, Peugeot, Sagem Communication, Swatch

Repères

Avec 1,1 million de licenciés, le tennis se situe au deuxième rang français derrière le football et se classe premier parmi les sports individuels. Il compte également 5 millions de pratiquants.

Refonte du circuit masculin : les réformes de l’ATP critiquées par les joueurs

 

Photo Getty“On prend les mêmes et on recommence”. La 102ème édition du tennis Masters Series de Monte Carlo ressemble sensiblement à la précédente…et en plusieurs points. Oui, la finale oppose depuis 3 ans le Suisse Roger Federer à l’Espagnol Raphaël Nadal. Oui, le tournoi monégasque a, une nouvelle fois, été remporté par le joueur Espagnol, triple tenant du titre. Mais un autre point commun ressort de cette dernière édition…

Rappel des faits

Depuis septembre 2005, date de l’arrivée du Sud-Africain Etienne De Villiers à la tête de l’ATP, l’instance dirigeante du tennis professionnel masculin souhaite la mise en place d’une nouvelle architecture du circuit et a mis en place de nombreuses réformes, comme notamment la mise en place d’un système de poules “round-robin” ou encore la réduction du nombre d’épreuves de Masters Series, impliquant le déclassement du tournoi de Monte Carlo et de Hambourg de leur statut privilégié de “Masters Series”. Ceci afin de promouvoir la mise en place d’un Masters Series mixte Madrilène au mois de mai, préparatoire à Roland Garros et d’un tournoi de Shanghai - la Chine étant considérée comme un marché prioritaire.

“Nous envisageons de transformer le tennis professionnel masculin en un divertissement et une affaire qui s’appuient sur ce qui intéresse les fans, les joueurs, les organisateurs et les médias.” Etienne de Villiers, président de l’ATP

Manque de concertation

Ce projet fait donc l’objet de quelques réunions, organisées entre la direction de l’ATP et les joueurs mais la qualité d’écoute est jugée très décevante par l’ensemble des athlètes. En Avril 2007, les organisateurs du tournoi de Monte Carlo Country Club ont engagé une “action antitrust”, contre l’ATP et de nombreux joueurs, dont Roger Federer et Rafael Nadal, en première ligne. Les deux premiers joueurs mondiaux se sont mobilisés pour apporter leur soutien au maintien du tournoi monégasque dans la catégorie Masters Series et s’élever contre les décisions du président de l’ATP, Etienne de Villiers en soulignant alors les “ratés” de la gouvernance mondial. Les principales revendications contre le plan de restructuration émis par l’ATP tiennent en quelques points :

  1. Refus de laisser l’ATP imposer aux joueurs quels tournois ils doivent disputer (sous peine de pénalités en cas de retrait) ;
  2. Refus de la réduction du nombre des Masters Series sur terre battue ;
  3. Refus de la réduction de 8% du nombre de points accordés sur terre battue ;
  4. Refus du déclassement de certains tournois comme Monte-Carlo ou Hambourg.

Suite à cette pétition, le Masters Series de Monte-Carlo trouvait finalement fin juillet 2007 un terrain d’entente avec l’ATP, qui annonçait que le tournoi conserverait son statut de Masters Series. En revanche, si Monte Carlo garde le sourire, les organisateurs du tournoi de Hambourg devraient voir leur statut évoluer…

Bronca des joueurs

Une fois n’est pas coutume, lors de la dernière édition qui s’est achevée dimanche 26 Avril 2008, Rafael Nadal est sorti de sa réserve. L’Espagnol n’apprécie pas la décision prise par de raccourcir de 6 à 5 semaines la saison sur terre battue, sans même avoir consulté l’avis des joueurs.

“Beaucoup de joueurs pensent que les choses ne peuvent plus continuer comme cela. L’ATP veut aller trop vite, les décisions prises ne vont pas dans le bon sens, et l’information n’est pas satisfaisante. Nous apprenons les projets de réforme sans avoir le temps de réagir.”

Invoquant l’impossibilité de maintenir un haut niveau de jeu pendant 4 semaines, l’Espagnol a vivement critiqué vendredi les changements du calendrier ATP qui contraignent les joueurs engagés à disputer trois Masters Series (Monte Carlo, Rome, Hambourg) en l’espace de quatre semaines avec le tournoi de Barcelone, également au programme de l’Espagnol.

Nadal accuse l’ATP de “détruire” le circuit européen en imposant un calendrier trop serré pour les tournois en terre battue et se dit même prêt à faire l’impasse sur le tournoi allemand. Même si Raphael Nadal sait que ses propos n’auront pas une grande incidence sur l’aménagement du calendrier, il n’envisage pas d’abdiquer.

Dans une lettre ouverte à l’ATP, 16 des 20 meilleurs joueurs mondiaux ont exprimé leur souhait de ne pas renouveler le mandat du Président de l’ATP qui doit arriver à échéance à la fin de cette année… Très critiqué pour son inexpérience du monde du tennis, cet ex-dirigeant chez Disney, a développé sa stratégie de réorganisation en se basant sur le rapport d’une société de consultants, avec pour objectif finale de séduire les médias et générer un vrai business autour des joueurs, malheureusement considérés comme de simples produits…

Une nouvelle tête, venant du tennis, aux manettes de l’ATP serait-elle mieux adaptée ? Pour Toni Nadal, cela ne fait aucun doute… Prochain épisode au mois de décembre.

Le blog du marketing sportif

Après le football, le tennis victime de matches truqués ?

Nikolay DavydenkoAlors que le tennis semble, pour l’heure, relativement épargné par le fléau du dopage (malgré quelques cas révélés), les matchs truqués sont aujourd’hui au cœur de toutes les discussions, tant entre les joueurs du circuit professionnel masculin (ATP), qu’entre les dirigeants des institutions sportives. En effet, cette suspicion s’est installée après l’étonnante et douteuse défaite du Russe Nikolay Davydenko contre l’Argentin Martin Vassallo Arguello, en juillet dernier à Sopot (Pologne) alors que le score était de 2-6, 6-3, 2-1 ; le Russe ayant invoqué une blessure au pied. La société de paris privée Betfair avait suspendu les paris après avoir constaté que les sommes misées étaient dix fois plus importantes que la normale pour un match de ce type (7 millions de dollars misés sur la victoire de Vassallo-Arguello, loin d’être favori).

Depuis, le tennis découvre une triste réalité et un « mal » qui l’afflige peut-être depuis plus longtemps. En effet, d’Andy Murray à Michael Llodra, en passant par Arnaud Clément, de nombreux joueurs sortent aujourd’hui de l’ombre et reconnaissent avoir été sollicités par des corrupteurs afin d’accepter de perdre un match contre d’importantes sommes d’argent. A l’occasion du dernier BNP Paribas Masters Séries de Paris Bercy, Arnaud Clément a amorcé le débat en affirmant avoir été approché pour perdre volontairement un match sur le circuit ATP :

« Ca m’est déjà arrivé, je ne dirai pas où, ni la somme que l’on m’a proposée car ce n’est pas le plus important, mais on m’a déjà demandé de perdre un match. »

Ces joueurs sont restés, jusqu’à présent discrets devant ces propositions « malhonnêtes » dans la mesure où elles restaient, semble t-il, exceptionnelles. Le joueur français confirme : « Cela fait dix ans que je joue au tennis, cela m’est arrivé une fois. »

Ces tentatives de corruption sont-elles vraiment ponctuelles ou fréquentes ?
Pourtant, à en juger les témoignages des joueurs, chaque jour plus nombreux, les langues se « délient » et une réelle polémique est en train de naître…

Une dérive pouvant conduire à l’amalgame…

Si le sujet est au centre de toutes les discussions, les polémiques n’en sont peut-être qu’à leur début. Cependant, il convient de ne pas faire l’amalgame avec tous les matchs dont le résultat s’avère étonnant. Il serait dommageable de suspecter un match « arrangé » à chaque résultat « surprise », au risque de dévaloriser la performance du vainqueur et de nuire à la philosophie même du sport. La beauté du sport est justement qu’aucun résultat « n’est écrit » d’avance, malgré les prévisions, et qu’une surprise reste toujours possible.

Pourtant, dernièrement, lors du récent tournoi de Saint-Petersbourg, Davydenko a reçu une amende de 2.000 dollars de l’ATP pour avoir « manqué de combativité » lors de son match perdu 1-6, 7-5, 6-1 face à Marian Cilic. Surpris, il a alors fondu en larmes, invoquant une injustice. Critère objectif ou subjectif ? Reste que le joueur Russe est pour l’heure au centre d’une « tempête médiatique ».

Est-il vraiment possible de déceler d’éventuelles corruptions de joueurs ? Pas simple à évaluer tant il semble difficile de punir les fraudeurs sans réels aveux.

Sans réelles preuves, on ne pourra émettre que des hypothèses et il sera difficile de condamner qui que ce soit. En effet, un passage à vide physique ou mental d’un sportif de haut niveau est tout à fait possible durant sa carrière, tout comme un exploit d’un joueur face à un « mieux classé » que lui, d’où la beauté du sport…>

Quelles initiatives à mettre en place ?

Même si ce phénomène reste pour l’heure peu fréquent, cette situation est jugée très préoccupante, tant dans la démarche que dans les conséquences sur le tennis et son image. En effet, ces affaires mettent la lumière sur un phénomène nouveau et cette menace est à prendre très au sérieux par les organisations internationales, afin d’éviter que la situation devienne incontrôlable dans le monde entier.

Dès lors, des mesures préventives combinées à de réelles sanctions paraissent indispensables afin de préserver l’intégrité et les valeurs mêmes du sport. « Il n’y a rien de plus grave pour notre sport » considère Arnaud Clément qui prône l’exclusion à vie des tricheurs : « J’espère qu’aucun joueur n’a accepté ce genre de choses. S’il y a des preuves qu’un joueur a truqué un match, les sanctions doivent être très violentes, il faut aller jusqu’à exclure ce joueur du circuit à vie. »

Les réactions n’ont donc pas tardé et la Fédération française de tennis (FFT) a depuis pris les devants. Après avoir été victime du forfait répété des meilleurs joueurs mondiaux lors des dernières éditions, ternissant ainsi son image et sa popularité, le BNP Paribas Masters Séries ne voulait, en aucun cas, être le théâtre d’autres incidents et de celui des matches truqués. Outre des sanctions à prendre, la priorité actuelle reste d’être dans la prévention, l’information et être très attentif et présent sur le « terrain », afin de veiller au bon déroulement de la compétition. Une réactivité indispensable combinée à une efficacité immédiate semble en marche. Le système fédéral a donc déployé les moyens nécessaires, à plusieurs niveaux.

D’une part, la FFT à mis en place une veille informatique visant à enregistrer et analyser la majorité des matchs. A ceci, s’ajoute les informations collectées (volumes de paris, cotations…) grâce au partenariat conclu entre l’ATP et le réseau des loteries européennes.

D’autre part, la FFT a accompagnée cette initiative d’une collaboration sur le terrain, en faisant appel aux services officiels de police et aux renseignements généraux (RG), les seuls capables de mettre en œuvre les dispositifs d’investigation adaptés. Cette coopération a donc pris forme sur le tournoi parisien et pourrait même être reconduite, dès l’année prochaine lors des internationaux de France de Roland Garros, comme l’a stipulé Jean-François Vilotte, directeur général de la Fédération française de Tennis.

De son coté, l’instance internationale du circuit professionnel masculin, l’ATP, par l’intermédiaire de son président, Etienne de Villiers, est affirmative : « Pour nous c’est clair, les joueurs qui seront impliqués dans ces affaires seront exclus du circuit ». Dernier exemple en date : lors du tournoi parisien, certains joueurs jouant en ligne pendant les matchs, par l’intermédiaire de leur portable, ont été ramenés à la sortie, pour avoir violé les règles instaurées à l’occasion de l’évènement.

Pour l’heure, en attendant de démasquer les premiers coupables règne le soupçon, mais une vérité semble toutefois se vérifier : La majorité des sports sont aujourd’hui victime de dérives diverses telles que le dopage, les matchs truqués…. Pourtant, le sport a longtemps véhiculé des valeurs fortes et essentielles, auprès de tous et notamment des jeunes. Face à ce phénomène, il semble donc urgent de prendre les mesures nécessaires pour préserver son intégrité.

Le Blog du marketing sportif

Le rôle et l’avenir des fédérations remis en question : le cas du tennis

 

Fédération Française de Tennis

Sur fond de polémiques et autres anecdotes, la Fédération Française de Tennis est à ce jour l’objet de nombreuses critiques et remarques remettant en cause son fonctionnement et sa méthode. Comment cette institution, si longuement perçue comme la meilleure école pour former les champions de demain, se retrouve sur le banc des accusés au point d’en perdre peu à peu sa crédibilité ? Doit-on y voir la fin d’une « école » et un lien avec le départ de certains champions ou cadres fédéraux vers d’autres structures ?

Bref, autant de questions qui poussent au débat et à l’analyse….

Le système fédéral français est, depuis de très nombreuses années, reconnu comme l’un des meilleurs systèmes de formation au monde. Et pour cause, depuis Yannick Noah en 1983, la France n’est effectivement pas en reste avec de très bons résultats, démontrant ainsi sa capacité à accompagner joueurs et joueuses dans leurs évolutions et notamment dans la délicate transition « juniors - pro ». De Sébastien Grosjean, champion de France minimes en 1995 puis Champion du monde Juniors à Richard Gasquet, aujourd’hui installé (et pour longtemps) parmi l’Elite du tennis mondial, en passant par Paul-Henri Matthieu ou Amélie Mauresmo, Championne du monde en 1996 et numéro 1 mondiale l’année passée, la FFT n’a pas gâchée ses « petits diamants ». De plus, en comparaison avec d’autres fédérations nationales où l’organisation est jugée complexe, les installations inadaptées… la France apparaît bien lotie. Dés lors, la voie fédérale a longtemps été perçue comme le (seul) chemin menant à la réussite, grâce à un encadrement de professionnels, de structures sans équivalence à l’époque…Mais celle-ci semble remise en question peu à peu…

L’avènement des structures privées…

En effet, d’une part on aperçoit l’avènement de structures privées, telles que Team Lagardère ou l’Academy éponyme de Patrick Mouratoglou, dotées de moyens impressionnants (staff, infrastructures de pointe) et invoquant une nouvelle « façon de pensée », de « travailler ». Outre le fonctionnement, chacune développe à sa manière une philosophie et un positionnement différent qui petit à petit semble faire de l’ombre au système fédéral, jugé si exemplaire dans le passé…A ce jour, cette mise en concurrence est vue différemment selon les regards…et certaines questions subsistent. Doit-on y voir une complémentarité ou à l’inverse une concurrence mettant en péril un monopole trop longtemps esseulé ?

Cette concurrence s’accompagne également du départ progressif mais massif, d’un grand nombre de joueurs ou cadres phares de la FFT vers des structures privées. Il y est tentant de trouver dans ce mouvement un lien avec le développement des structures privées mais les raisons restent multiples….et contestées.

Une autre approche….

D’autre part, la FFT se heurte de plus en plus à la méfiance des joueurs ou joueuses et de leur environnement. Autrement dit, le système fédéral apparaît comme une école de formation au fonctionnement « stéréotypé », incapable de sortir de ses principes, méthodes de formation ou critères de sélection. Tout d’abord, les joueurs bénéficiant d’aides fédérales ou de bourses ne sont plus « légions » par rapport aux années passées. De plus, ils semblent être retenus sur des critères établis et fixes tels que les résultats ou le classement Français…autrement dit, rien de tel pour apposer un peu plus de pression sur les jeunes joueurs.

« Mon fils n’est plus à ce jour retenu à la ligue régionale et ne bénéficie de plus aucune aide. Ayant été blessé durant quelques mois l’année passée, il n’a pu jouer en tournois. Son nouveau classement n’a donc pas évolué et dés lors, la ligue n’a pas souhaité poursuivre…. ».

Il semble donc que outre la prise en compte des résultats ou classement, la Fédération n’attache pas l’importance qu’elle mérite, à la personnalité du joueur telle que sa confiance en soi, sa maturité, son environnement familial. En effet, combien de joueurs, parmi les meilleurs de leurs catégories d’âge et encadrés par la fédération n’ont pas donné suite ou ont arrêté totalement le tennis (certains devant la pression devenue trop forte) ?

Ensuite, la sélection des meilleur(e)s est établie selon une méthode et des principes qui s’ils ont fait leurs preuves par le passé, semblent caduques aujourd’hui Un nombre maximum de joueurs est soumis au même entraînement, très difficile a supporter tant sur le plan physique que mental et seul les plus résistants survivent. Ce sont souvent les plus forts les plus talentueux, les caractères les plus forts et les plus durs qui s’en sortent. Cette sélection naturelle semble aujourd’hui contestée, de part son absence de méthode. En effet, chaque enfant est différent, de par ses motivations, sa personnalité, ses objectifs, d’où la nécessité d’établir auprès de chacun un projet personnalisé, intégrant toutes les parties prenantes à l’environnement de l’enfant

Par exemple, Patrick Mouratoglou développe, au sein de son Academy une méthode très personnelle, s’appuyant sur des fondements et une philosophie précise. A contrario du système fédéral, celle-ci ne vise qu’à sélectionner qu’un nombre très restreint de joueurs talentueux (jugés sur des critères précis) et faire du « sur mesure » pour chacun, garantissant ainsi un taux d’échec infiniment faible. Marcos Baghdatis en est le premier ambassadeur….

Enfin et autre facteur non négligeable : l’environnement familial. La fédération tend à laisser les parents sur « le banc » lors de la formation du joueur, là ou l’environnement est primordial à son bon équilibre et au bon cheminement de son évolution. Un manque d’ouverture liée à un esprit trop fermé? Le projet d’intégrer l’élite professionnelle s’inscrit sur le long terme et nécessite l’implication de la famille, au même titre que celle des entraîneurs et autres spécialistes, mais à des niveaux différents. Dés lors, le joueur et avant tout enfant ou adolescent bénéficiera de l’environnement et des conditions optimales à la réussite. L’exemple de Richard Williams, père de Venus et Serena est probant tant il reste la seule personne ayant amené ses deux filles à la place de numéro 1 et numéro 2 mondiales. Un résultat exceptionnel mais qui à pris naissance très tôt….Autre exemple, trop longtemps contesté : Marion Bartoli et son père Walter….

« Le problème c’est que la Fédération française est une fédération qui ne veut pas que les parents soient entraîneurs de leurs enfants. C’est ça qui les gêne en partie. Et Patrick Mouratoglou est quelqu’un qui trouve au contraire très bien que les parents soient au bord du terrain à encourager leurs enfants. Elle est là la différence. C’est que Patrick ne te met pas des bâtons dans les roues. Il t’accueille, il respecte d’où tu viens, il respecte ce que tu as déjà fait pour en arriver là. La Fédé, elle va te dire « Pousse-toi de là. Tu ne fais pas partie de notre clan » Aravane Rezai

Quelle issue possible pour l’avenir…..?

Restons positif et ne dressons pas un tableau noir aussi facilement. Aujourd’hui, la FFT semble démontrer ses limites qui remettent en cause son fonctionnement sans pour autant la décrédibiliser. Si la fédération reste à ce jour une institution appréciée et reconnue de tous, il semble primordial, pour son avenir, qu’elle puisse faire preuve d’ouverture d’esprit dans sa politique de formation et de recrutement. Dès lors, l’idéal d’une complémentarité avec les structures sera envisageable….

Avant tout, il convient de ne pas oublier que chacun est différent, de par sa personnalité, ses motivations, ses objectifs et sa progression et que par conséquent aucun système n’est meilleur que celui proposant un projet établi « sur mesure », en collaboration avec chaque partie prenante au projet de l’enfant (coachs, préparateurs physiques, famille, études…). Si ces systèmes de formation poursuivent le même objectif final, à savoir, amener tel joueur ou joueuse au sommet de la hiérarchie mondiale, il va de soi que le plus important reste donc de fournir un environnement optimal autour du joueur. D’où l’importance pour chaque partie (coachs, joueur, parents, préparateurs physiques…) d’être impliquée différemment mais conjointement au service du joueur.

Le blog du marketing sportif

Le Masters de Paris-Bercy met en évidence les carences marketing de l’ATP

Davydendo, vainqueur du Masters de Paris Bercy

Ce devait être le rendez-vous du tennis mondial, ce fut un anniversaire raté. Le Masters Series de Paris-Bercy dont l’édition, qui se déroulait du 28 octobre au 5 novembre, fêtait ses 20 ans n’a pas tenu ses promesses pourtant permises de par son statut. Les faits sont flagrants : cinq des six meilleurs joueurs du monde dont Roger Federer et Rafael Nadal sont absents ou forfaits. Quant aux Français, notamment Gasquet et Grosjean, ils n’arrivent pas à dépasser les huitièmes de finale. Résultat des courses : une fréquentation en forte baisse (-26% par rapport à 2005) et une audience TV en berne.

Au banc des accusés, le calendrier surchargé et la place du tournoi dans la saison sont pointés du doigt. Trop de tournois tue le produit tennis. Le problème – récurrent – fait arriver les joueurs blessés ou forfaits en fin de saison. Sur ce point, la Fédération française de tennis (FFT) prône un avancement de l’épreuve et une obligation de présence du Top 5, ainsi qu’une suspension éventuelle en cas de non-participation. Si cela n’évitera pas les blessures “diplomatiques”, il est vrai qu’avancer le tournoi dans le calendrier serait une bonne chose.

Clairement, le Masters de Paris-Bercy qui se déroule trop tard dans l’année doit se contenter de ceux qui ne disputeront pas la Masters Cup de Shanghaï (12-19 novembre 2006), les tout-meilleurs joueurs du circuit se préservant pour l’événement. Cette année, le spectacle fut certes au rendez-vous au POPB, avec notamment un impressionnant Nikolaï Davydenko mais le public comme les téléspectateurs ont besoin d’une affiche, d’un produit d’appel pour s’intéresser.

L’on en vient alors à un facteur plus profond, à mettre en exergue. L’Open de Paris-Bercy aura au moins eu le mérite de révéler les carences du système ATP, pas assez focalisé sur l’aspect marketing. Le spectacle ne suffit pas, il faut des stars pour valoriser les événements ! Ce qui implique une réorganisation du calendrier et une mise en valeur des quatorze compétitions-phare – quatre tournois du Grand Chelem, neuf Masters et une Masters Cup.

Le nouveau président de l’ATP et ancien de Walt Disney, Etienne de Villiers, a une approche radicalement orientée vers le consommateur : “Ce que nous n’avons jamais fait en tennis, c’est donner aux fans ce qu’ils veulent vraiment: voir plus de tennis à la télévision et voir leur stars jouer. On vit ou on meurt en fonction de ce que fait le consommateur.”

Pour conclure, je vous propose un petit mot sur le sponsoring. Depuis quatre ans, le partenaire-titre, tente en vain d’imposer la dénomination officielle de l’épreuve aux journalistes… Regardez comment les médias ont traité et diffusé l’information : la plupart sinon tous ont couvert l’événement en parlant d’Open de Paris-Bercy en lieu et place du BNP Paribas Masters Series. Pas si facile d’imposer une appellation…

Question : quel est votre avis sur le fiasco du Master de Paris-Bercy ?

Le Blog du marketing sportif

NB : à visiter, l’espace “Nouveaux médias” de l’ATP avec la TV en live comme produit premium.

Sony Ericsson très impliqué dans le tennis féminin

Sony EricssonL’association professionnelle du tennis féminin (WTA) a récemment dévoilé sa nouvelle campagne de publicité. Déjà sponsor-titre du WTA Tour depuis janvier 2005, Sony Ericsson remplace Porsche en devenant partenaire-titre du Championnat qui, comme chaque année, est disputé en fin de saison et rassemble les huit meilleures joueuses mondiales. L’objectif de cette campagne est de “démontrer toute la puissance et l’attrait du tennis professionnel féminin”.

Baptisée Iguales (“égalité” en espagnol) et lancée conjointement par la championne Maria Sharapova et l’ambassadrice Aranxta Sanchez, cette publicité met notamment en exergue l’égalité entre les hommes et les femmes, sur le court comme en dehors. Et c’est à Madrid que se déroulera, en novembre prochain, le point d’orgue du tennis mondial.

Il est intéressant de noter l’ampleur de l’investissement de Sony Ericsson dans son domaine de compétence. La marque a ainsi mis en place “une série d’innovations qui rendent les fans de tennis encore plus proches des joueuses” dixit Dee Dutta, Directrice marketing monde. Plusieurs applications sur le web et le mobile sont déjà opérationnels et permettent un maximum d’information et d’interactivité avec les tenniswomen.

Plus largement, l’implication d’un sponsor dans le développement d’un événement ou d’un sport est déterminante lorsqu’il apporte un savoir-faire spécifique. Ainsi, le constructeur Samsung travaille avec le club de Chelsea pour les applications sur téléphone mobile. De même, l’hôtelier Accor prépare des développements dans le nouveau stade de l’Olympique Lyonnais. Une dernière illustration plus en rapport avec l’actualité : IBM gère entièrement le site Internet des tournois du Grand Chelem – Open d’Australie, Roland Garros, Wimbledon et US Open – qui comprend différentes zones : news, articles, photos, vidéos, live score, point tracker, etc.

Le Blog du marketing sportif

20 ans pour les Internationaux de Strasbourg !

Affiche 2006 Les Internationaux de Strasbourg, deuxième tournoi WTA en France, fêteront leurs 20 ans cette année, du 20 au 27 mai 2006. A cette occasion, les organisateurs mettront les petits plats dans les grands. Ainsi, en plus de la récompense financière, la gagnante se verra remettre un cabriolet Mazda MX5. Le prize money est de 175.000 dollars pour un budget d’1 million d’euros. Côté spectateurs, un certain nombre d’animations seront mises en place afin de créer une atmosphère encore plus festive.

A un peu plus d’un mois du vingtième anniversaire, faisons le point sur les différents aspects de l’organisation avec Pierre Staller, le Directeur du Tournoi :

Médias et communication

Après la dominante bleue l’an passé, l’affiche vire au rose en 2006. Pourquoi ? Plus de visibilité ?

“C’est une couleur qui accroche l’oeil et qui est tendance.”

Le partenariat avec l’afficheur Viacom se poursuit. Quels développements ? Plus de 4×3 sur Strasbourg que l’an passé ?

“Oui, nous disposerons d’un plus grand nombre de 4×3 sur la grande agglomération de Strasbourg et à Saverne (question de disponibilité des panneaux). Egalement plus de panneaux abribus sur Strasbourg.”

Le tournoi est retransmis en direct sur la chaîne du câble Paris Premiere et en Europe, et en différé à l’international. En termes de retransmission TV au niveau régional, l’évolution du différend avec France 3 Alsace est-il réglé ?

“Non, en revanche, nous aurons une diffusion en direct (1/2 finale et finale) sur la nouvelle chaîne alsatienne Alsatic TV où les IS servent au lancement de la chaîne.”

L’an dernier, le tournoi avait fait appel à la société RBS pour le Live Score sur le site Internet. Cette année, est-ce Sony Ericsson, le partenaire titre du WTA Tour, qui prendra en charge les opérations ?

“Oui, le Live-Scoring est géré directement au sortir des “palms” (Sony Ericsson) des arbitres et mis en place par l’afficheur électronique Scortenn. Il comprend une fenêtre qui contient le Live Score sur les 3 courts de compétition, les statistiques du court central, les tableaux du tournoi avec leur progression et la programmation des jours et enfin, tout les actualités sportives de l’événement.
En plus, sur le central, l’écran de score sera un écran vidéo qui permettra de passer des clips vidéo de partenaires pendant les changements de côté et des ralentis de matches pendant les jours où Alsatic émet en direct.”

Le sponsoring et les relations publiques : en hausse

Comment se présentent l’évolution des partenariats ? Quelles prestations sont les plus populaires ?

“L’objectif d’un accroissement de quelques 30% en valeur sera certainement atteint, surtout en prestations RP.
L’augmentation des recettes sponsoring se fait par les RP. De nouveaux produits, plus petits, ont été mis sur le marché, surtout autour de l’offre “siège numéroté + open bar + cocktail ou repas”. C’est un produit qui attire les petites entreprises mettant ainsi le pied aux IS, petites entreprises dont leur nombre est susceptible d’être étendu pour le futur.
Une nouvelle demande se fait sentir pour de la visibilité où certaines entreprises (notamment les AGF) ont fait des IS une priorité pour la communication de notoriété et leur image.”

La billetterie : constat et actions

On fait le constat que la vente de billets représente une part minime des recettes (5%). Quelles actions ont été mises en place pour endiguer le phénomène ?

“C’est effectivement un chantier important en 2006 : plusieurs offres ont été faites pour les clubs de tennis (bon retour jusqu’à présent, nous espérons environ 50 clubs); pour les comités d’entreprise, nous utilisons un relationnel existant fort de Fox Event qui connait personnellement les responsables de comités d’entreprise. Pour l’instant, nous avons environ 15 CE qui ont signalé leur demande. En termes de tarif, nous offrons une 2è place gratuite pour tout billet plein tarif acheté.
Nous avons fait des propositions similaires pour les étudiants en utilisant le journal de la MGEL, du cinéma UGC Strasbourg et du fichier de l’UCPA Strasbourg. Nous serons attentifs aux retours.”

Le site officiel du tournoi propose désormais un service de vente en ligne. Quels sont les objectifs en termes de vente ? Quel est le coût de l’infrastructure ?

“Ce sera une nouveauté 2006, je n’ai pas d’objectif, mais, compte tenu du nombre de visiteurs sur le site, il faudrait que nous dépassions la prévente 2005.
Concernant le coût de l’infrastructure, il est de 180 € pour l’installation sur le site et d’une commission sur la valeur de la vente (1,5%).”

La restauration sur place : à redéfinir

En 2005, un espace de restauration rapide dit “châpiteau Météor” (NDLR : Météor est la bière officielle du tournoi) avait été initié. Quels enseignements en ont été tirés ? L’opération est-elle reconduite cette année ?

“Le chapiteau Météor n’a pas fonctionné comme on l’espérait et ne sera pas reconduit. Une restauration rapide est mise en place par un partenaire, donc à voir.”

Les “20 ans” du tournoi

Le Cabriolet Mazda MX5 est un vrai “coup médiatique” à l’instar des tournois allemands et luxembourgeois. Comment l’idée est-elle venue ? Est-ce un avantage décisif vis à vis du concurrent Istanbul ?

“C’est le transporteur qui en a eu l’idée. L’attrait sur les joueuses est assez nul, par contre, pour l’image du 20è anniversaire, c’est très fort.
Non, ce n’est pas un avantage décisif. Istanbul a le soutien de sponsors prêt à “acheter” des joueuses, une philosophie que nous n’avons pas.”

A noter également parmi les animations 2006 le retour du Roland Garros Virtual Tour qui a attiré “plus de 600 jeunes en 2005″, animation mise en place par BNP Paribas et Playstation.

Au final, c’est dans une ambiance très festive que le tournoi fêtera son 20è anniversaire — gage de pérennité — et pourra envisager avec une relative sérennité son développement.

Le blog du marketing sportif

Le p’tit + : parallèlement à mon stage au sein de l’organisation du tournoi 2005, j’ai réalisé un mémoire de fin d’études intitulé “Marketing relationnel et événementiel sportif : le cas des Internationaux de Strasbourg”.