Droit à l’information en matière sportive : le CSA engage une réflexion

 

CSAPlébiscitée par le public, la thématique sportive attire les médias afin de répondre à leurs objectifs d’information et d’audience. Actuellement, la loi du 13 juillet 1992 qui définit le droit à l’information en matière sportive est toujours en vigueur. Or, depuis 1992, le contexte et l’offre ont considérablement évolué avec notamment le développement des nouveaux médias. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a engagé une réflexion sur le sujet, l’enjeu étant d’adapter ce principe de droit à l’information à la situation présente.

Aujourd’hui, les compétitions sportives sont accessibles soit via une retransmission en direct et souvent exclusive de l’événement ou soit via la diffusion d’extraits après coup. C’est à ce moment-là qu’intervient le droit à l’information, l’événement devant alors être accessible au plus grand nombre. Concrètement, le code de bonne conduite de 1992 – accord tripartite entre les chaînes hertziennes, le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et l’Union syndicale des journalistes sportifs français (USJSF) – inclut notamment “la reprise d’extraits à titre gratuit dans les journaux télévisés était possible sous réserve notamment que la source en soit clairement identifiée et que la durée des extraits n’excède pas 1 minute 30 secondes, sauf accord plus favorable du cessionnaire des droits”. Il est à noter que cette durée dépend de la discipline. Si l’on prend le cas du Championnat de France de football, les images cédées par l’ayant droit sont limitées à des extraits de deux matches (trois matches à titre exceptionnel), ceux-ci devant être identiques pour tous les diffuseurs.

L’article L.333-7 de la loi du 13 juillet 1992 reprend les principes du code de bonne conduite et explicite le droit de citation :

“La cession du droit d’exploitation d’une manifestation ou d’une compétition sportive à un service de communication audiovisuelle ne peut faire obstacle à l’information du public par les autres services de communication au public par voie électronique. Le vendeur ou l’acquéreur de ce droit ne peuvent s’opposer à la diffusion, par d’autres services de communication audiovisuelle, de brefs extraits prélevés à titre gratuit parmi les images du ou des services cessionnaires et librement choisis par le service non cessionnaire du droit d’exploitation qui les diffuse. Ces extraits sont diffusés gratuitement au cours des émissions d’information. Leur diffusion s’accompagne dans tous les cas d’une identification suffisante du service de communication audiovisuelle cessionnaire du droit d’exploitation de la manifestation ou de la compétition.”

Dans sa Lettre du mois de mars 2008, le CSA rappelle que “dès lors que la source est identifiée, que la citation est brève et qu’elle est incorporée à une émission d’information, tout service de télévision est libre de diffuser gratuitement les extraits de son choix”. Seul hic, les notions de “brefs extraits” et d’”émission d’information” dont les conditions d’application n’ont pas été définies sont sujettes à interprétation.

Avec le développement des chaînes d’information sportive en continu à l’été 1998 - Infosport et L’Equipe TV –, le rythme de rotation des extraits à l’antenne est évoqué et la jurisprudence évolue et fluctue en fonction de plusieurs facteurs (compétitions, disciplines…). Dans un contexte où les droits de retransmissions sont de plus en plus élevés et où la convergence des médias se fait plus forte, les propriétaires desdits droits ont besoin de sécuriser leurs investissements par l’intermédiaire d’un cadre juridique solide.

Si les chaînes de télévision généralistes de la TNT, les opérateurs mobiles et les pure players internet s’invitent de plus en plus dans les appels d’offre de compétitions sportives, ces acteurs sont tout autant concernés par le droit à l’information. Par ailleurs, sur Internet, le droit à l’information semble effectif de facto : les chaînes hertziennes proposent d’ores et déjà à leurs internautes de consulter en ligne les JT et émissions diffusées à la télévision, et ce de manière indéfinie.

Les enjeux de la réflexion du CSA présidée par Rachid Arhab sont donc doubles : garantir l’exclusivité des droits promise aux propriétaires tout en appliquant le droit de citation selon les canaux (hertzien, TNT, web, mobile…) afin de répondre à l’exigence d’information publique des événements sportifs.

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Lagardère opère un virage stratégique dans le sport et les nouveaux médias

Lagardère Media ActiveAvec le rachat de Sportfive et de Newsweb, Lagardère réalise une intégration verticale dans la chaîne de valeur du sport. Mais, plus globalement, il permet à son groupe de se repositionner, de se réorganiser et d’intégrer les nouveaux médias dans la stratégie du groupe

Lagardère est déjà présent dans le monde du sport via des contrats de sponsoring dans le tennis (tournoi de Roland Garros) et dans le judo. Avec le Team Lagardère dont l’objectif est de favoriser l’émergence de futures étoiles grâce à un suivi sur les plans technique et scientifique, Lagardère est l’instigateur d’un sponsoring original.

En acquérant 100% de Sportfive, l’agence leader des droits sportifs du football européen, pour 865 millions d’euros, Lagardère accède à un marché stratégique, qui plus est porteur, tant dans les droits médias et marketing que dans les droits Internet & mobile. De plus, il renforce le savoir-faire publicitaire du groupe, ainsi que son réseau international.
Avec le rachat de Newsweb, un des leaders dans l’information sportive, automobile et boursière en France pour 74 millions d’euros, le groupe Lagardère met la main sur un expert de la vente de contenus éditoriaux et d’espaces publicitaires sur Internet.

Ces deux acquisitions récentes valident la stratégie de croissance externe de Lagardère – qui ne fait que débuter ? – l’objectif étant de mutualiser les actions et de faire bénéficier au groupe d’une réelle expertise dans le numérique et la publicité online. C’est dans cette optique qu’une réorganisation du groupe s’est imposée : Hachette Filipacchi Médias (HFM) et Lagardère Active deviennent Lagardère Active Media. La nouvelle entité aura pour objectif de regrouper sous une seule et même bannière toutes les activités presse, radio, TV et new media. Avec cette réorganisation, la création de directions marketing et numérique transversales et le recrutement d’anciens de l’opérateur mobile Orange (Didier Quillot et Julien Billot), l’évolution du business model par une intégration du numérique n’est pas un vain mot.

Que pensez-vous de la stratégie du groupe Lagardère dans les nouveaux médias ?

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Le Tour de France, épisode 2 : le boom des nouveaux médias

Floyd Landis

Largement plébiscités, les nouveaux médias (Internet & mobile) sont, sinon une alternative, un complément aux médias traditionnels (TV, radio, presse écrite) moins interactifs. Petit tour d’horizon des principaux acteurs de la place et de la couverture accordée au 3è événement sportif mondial, le Tour de France.

Les majors de l’information sportive — L’Equipe (groupe Amaury), Eurosport (groupe TF1), Sport365 (groupe Sporever), Sport24 (Le Figaro), Sport — nous proposent tous des articles, des images (photos, infographies et/ou diaporamas), un suivi de l’étape en direct.

Certains tirent leur épingle du jeu grâce un indéniable “plus” multimédia. Le partenaire média du Tour de France, France Télévisions, via ses sites Internet france2.fr et france3.fr, propose des vidéos en streaming (résumés gratuits, suivi intégral et en direct avec abonnement). Eurosport et Sport365 mettent également l’accent sur les “images qui bougent”. Le premier offrant des résumés, le deuxième s’intéressant aux interviews. Il va de soi que, seuls les propriétaires des droits — en l’occurence France Télévisions pour le hertzien et Eurosport pour le câble –, peuvent effectivement diffuser des résumés vidéos.

A signaler : le portail Sport24.com dispose d’un partenariat audio avec la radio RMC, partenariat existant déjà pendant la Coupe du Monde de football. L’internaute peut donc écouter les podcasts consacrés au Tour de France. Au niveau de la vidéo, Sport 24 reprend les images de BFM TV, chaîne qui, au titre du droit à l’information, peut diffuser le résumé de l’étape sans posséder les droits de l’événement.

En se positionnant sur les nouveaux outils tels que les blogs, les sites d’information sportive se mettent à l’heure du web 2.0. Le phénomène communautaire avec l’emploi de blogs de consultants — phénomène déjà présent lors de la Coupe du Monde — tend à se confirmer. Petit panorama avec mes remarques :

- Sport avec Bernard Thévenet : blog mis à jour quotidiennement et tenu par un double vainqueur du Tour de France, ex-commentateur sur France Télévisions.

- L’Equipe.fr avec Jean-François Bernard : blog intégré au site lequipe.fr ; peu de mises à jour sur le blog mais de nombreuses reprises dans le “chrono”.

- Eurosport avec le blog des commentateurs vélo : peu intéressant, rarement mis à jour. Dommage que le groupe n’ait pas fait appel à Richard Virenque, qui commentait uniquement à la télévision.

- Sport365 avec Patrick Chêne : le PDG de Sporever, ex-journaliste sur le Tour de France, est mis à contribution pour un jeu de questions/réponses régulières.

Et vous, où avez-vous surfé pendant ce Tour de France ?
- Qu’est-ce qui vous a plu ? ou déplu ?

- Que suggérez-vous ?

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Sport et nouveaux médias : focus sur l’Equipe 24/24

Alors que télévision mobile n’en est qu’à ses prémices, plusieurs idées semblent se confirmer : tout d’abord, il existe un réel intérêt de la part des consommateurs pour les services mobiles, notamment vidéo, en situation de mobilité. On le voit clairement avec les chiffres actuels et les prévisions de mobinautes.
Deuxième point : la télévision mobile de masse devrait être possible avec la norme DVB-H actuellement en phase de test. Aujourd’hui, avec les normes EDGE/UMTS, la saturation des réseaux est largement envisageable pour cause de bande passante limitée ce qui n’arrivera pas avec la DVB-H, laquelle fonctionne sur le mode broadcast (ou diffusion, comme la télévision hertzienne), ce qui autorise un nombre illimité d’utilisateurs.

Dans le domaine du sport, deux types de services mobiles peuvent être mis en avant : les services sous forme de textes, sons et images (SMS, MMS, Vocal, WAP, Smartphone) et ceux sous forme de vidéos. Dans ce cas-là, on peut distinguer les vidéos en direct ou quasi-direct (near live) pour lesquelles les opérateurs payent des droits (exemple : SFR pour la Coupe du Monde de Football) et les vidéos à la demande (VOD). Ce sont alors des résumés, des reportages, ainsi qu’un catalogue de vidéos qui sont proposés au consommateur.

Le sport par l’émotion et l’enthousiasme qu’il procure doit être vécu et donc vu en temps réel. Orange qui possède les droits sportifs de la Ligue 1 note que 80% des connections sont effectuées pendant les matches et seulement 20% pour la VOD, c’est à dire les résumés. Le produit star est donc le direct.
Parmi les enjeux des nouveaux médias dans le sport, on peut noter la question des droits sportifs — quid de l’exclusivité des acquéreurs et du droit à l’info pour les autres (cf. Télévision sans frontières) –, des usages, du modèle économique et donc de la tarification des offres.

Focus sur l’Equipe 24/24

L’Equipe 24/24 est une entité de l’Equipe (groupe Amaury) chargée du développement des activités numériques : web, TV et mobile. J’ai essayé ici de rassembler les différents projets en cours et possibles dans le domaine des nouveaux médias.

1) WEB
- gestion de ses propres sites Internet : l’Equipe..fr — N°1 dans le sport : articles, directs, fils RSS… –, Rugby — version online du nouvel hebdo –, France Football
- édition de contenu pour des portails en marque blanche : AOL Sport
- lancement d’un site de vente en ligne privée de matériel de sport : Born4sports
- vente en ligne : journal, photos, livres et une boutique en partenariat avec Kelkoo (Groupe Yahoo!)
- jeux: concours pour gagner des jeux, des places VIP…
- grands débuts de la vidéo sur le site lequipe.fr via l’Equipe TV Live ou le podcasting (voir plus bas)

2) TV
- chaîne de télévision N°1 sur l’information sportive : journaux TV, magazines, reportages, débats ; a priori pas de concurrence avec les chaînes de retransmission
- production de journaux et de reportages ; vidéos accessibles sur les autres canaux (web et mobile) ?

3) MOBILE
- édition et fourniture de contenu chez les 3 opérateurs mobiles : site éditorial pour I-Mode (Bouygues Télécom), contenu pour Orange et SFR
- services mobiles : MMS d’alertes (scores et classements), suivi en direct, commentaires sans oublier le téléchargement defonds d’écran et de sonneries
- service vocal : transferts, résultats, live…
- quelques idées de services mobiles à développer : des espaces communautaires (chat, groupes de discussion…), des programmes courts conçus spécialement pour le format mobile, du vote — cf. “La question du jour” –, etc

= WEB, TV et MOBILE
-> l’Equipe, présent sur les différents médias — presse, web, tv et mobile –, peut faire converger ses différents contenus, même si les formats diffèrent :
- l’Equipe TV est disponible en direct sur Internet — gratuit pour l’audio et 3€ par mois pour la vidéo — et sur le mobile via notamment l’offre Orange Intense avec 50 chaînes TV
- l’Equipe 24/24 lance également des podcasts vidéo : des flashs d’actu et des reportages d’une durée de 2 minutes environ. Des services gratuits pour l’instant histoire de toucher une large cible et de fidéliser les consommateurs
-> au début de l’article, on insistait sur le rôle du direct. On peut également souligner l’importance de l’image. Dans cette optique, l’Equipe a un handicap, celui de ne pas posséder les droits sportifs. Deux options sont possibles : soit produire ses propres images/reportages comme c’est déjà le cas, soit obtenir l’autorisation d’utiliser les images de sport en différé au nom du droit à l’information.

Afin de compléter l’article, je vous recommande d’aller voir l’interview de Xavier Spender, DGa du groupe L’Equipe en charge du développement et des filiales, sur le blog de Laurent .

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Turin 2006 : la bataille des (nouveaux) médias

Dans une optique commerciale, l’événement sportif est une réelle opportunité pour qui veut mettre en place une opération promotionnelle. On l’a vu avec les ventes de téléviseurs lors des précédentes compétitions internationales de football. On le verra avec les ventes d’écrans LCD et plasma lors de la Coupe du Monde en Allemagne début juin.
Mais les produits “bruns” ne sont pas les seuls à être mis en avant. Avec la fiabilité des nouvelles technologies, les services sont également de la partie.

Aux Jeux Olympiques de Turin, j’ai relevé deux campagnes intéressantes dans le domaine de la diffusion et des nouveaux médias, secteur en plein bouleversement. Tout d’abord, France Télécom profite de cette Olympiade pour faire découvrir MaLigne TV (TV numérique par la ligne téléphonique). En partenariat avec France Télévisions, MaLigne TV propose la retransmission de “toutes les épreuves sur 7 chaînes, les évènements en simultané et en qualité numérique” et propose également la Vidéo à la Demande pour les résumés. France Télévisions, via un espace publicitaire sur son site événementiel Turin 2006, renvoie du trafic vers une page expliquant le principe de MaLigne TV. Dans le cadre du lancement de ce service, les Jeux d’Hiver sont clairement un produit d’appel destiné à capter une forte audience ; la gratuité des 7 chaînes, l’intégralité et le direct des retransmissions étant les mots-clé.

Du côté des services mobiles, l’opérateur SFR s’associe au quotidien sportif L’Equipe via son site lequipe.fr, numéro un dans le sport en termes d’audience (1,15 M de visiteurs uniques !). Un sticker sur la page d’accueil nous propose de “vivre la sensation Jeux Olympiques” sur notre téléphone portable. Le propriétaire d’un mobile 3G est alors invité à se rendre sur le portail Vodafone live! où il pourra consulter les dernières news et vidéos de Turin 2006. Fait assez surprenant, il n’y a pas de redirection vers le site Internet de SFR. Cette campagne viserait donc à informer les 500.000 personnes déjà abonnées à la 3G des services disponibles sur leur mobile. SFR, qui possède l’exlusivité des droits mobiles de l’Equipe de France de football, doit insister sur l’information de ses clients. Dans la perspective de la Coupe du Monde 2006, l’enjeu est de taille. Il s’agit de développer l’intérêt des abonnés pour les services mobiles et de conquérir de nouveaux clients.

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