Les relations publiques à Roland Garros : le baromètre de l’activité économique

 

Roland Garros

Si la crise économique et financière touche une majeure partie des secteurs d’activités, il est intéressant d’étudier son impact dans celui du sport business, à travers un événement d’actualité : Roland Garros, deuxième tournoi du Grand Chelem de la saison.

Aujourd’hui, le “French” est l’un des plus rentables malgré une forte concurrence et un stade à “aménager”. Pourtant, la crise n’a en rien bouleversé le modèle économique mis en place par la Fédération Française de Tennis. Ceci s’explique essentiellement par la fidélité des sponsors mais également le dynamisme apporté par la billetterie et les relations publiques. Côté sponsoring, l’événement tennistique se démarque en offrant une visibilité accrue et veillant à limiter la multiplication des sponsors, contrairement au football, qui, dans certains cas, est prêt à accumuler une “pyramide” de sponsors, quitte à y perdre en visibilité. En effet, les sponsors (BNP Paribas, Adidas, Afflelou, Lagardère, Lacoste par exemple) restent fidèles et sont liés par des contrats établis sur plusieurs années. Pour cette nouvelle édition, on a pu remarquer que peu de mouvements avec notamment le retrait d’Avis et le remplacement d’Adecco par Proman, ainsi que d’Algeco par Touax. Cette initiative s’accorde avec la stratégie mise en place par la FFT visant à réduire le nombre de partenaires mais à augmenter la contribution financière de chacun d’entre eux. Cette année, la FFT réalisera un chiffre d’affaires sensiblement équivalent à celui de l’année passée (120 millions d’euros environ).

Côté marketing, les droits TV restent élevés et le tournoi n’est pas dépendant des recettes média. Les droits de télévision rapportent eux près de 15 millions d’euros pour la France et le contrat aujourd’hui détenu par France Télévisions ne sera remis en jeu qu’en septembre, grâce à un appel d’offres qui pourrait, pour la première fois, être constitué de plusieurs “lots”. Canal Plus sera très certainement de la partie, en vue de renforcer sa présence sur les Grands Chelems ; la chaîne détenant notamment les droits TV des tournois de Wimbledon, US open et Paris-Bercy. Les objectifs de billetterie seront également atteints voire dépassés .

À l’ombre des courts, alors que les champions échangent des balles sur la terre battue de Roland-Garros, les affaires continuent. A ce sujet, il est opportun d’étudier cette tendance sur cet événement à travers le prisme des relations publiques.

Les Internationaux de France de tennis sont un rendez-vous incontournable pour les relations publiques d’un annonceur. C’est aussi une source de recettes non négligeable pour la Fédération Française de Tennis, organisatrice de l’événement. Avec un chiffre d’affaires de plus de 30 millions d’euros, la vente de prestations de relations publiques représente un tiers du budget du tournoi. Au total, quelque 70 000 VIP profitent des invitations de plus de 500 entreprises et les plus importants partenaires bénéficient d’une des 20 tentes installées dans le “village”, emplacement prestigieux et onéreux. Les petites entreprises peuvent également trouver un produit adapté et inviter quelques clients pour une seule journée. Ainsi, une prestation moyenne, incluant notamment le billet et le déjeuner, est facturée environ 640 euros. Au total, on compte jusqu’à 13 sites, répartis dans l’enceinte de la Porte d’Auteuil et consacrés pour ces opérations de RP, dont l’importance grandit chaque année.

Véritable élément du mix-marketing, les relations publiques sont d’une vraie utilité car souvent placées au centre de la stratégie de communication des politique sponsoring mises en place par les marques.

Toutefois, on observe une réelle morosité dans ce domaine, comparé aux années précédentes. Dans une situation difficile, le secteur connait un fort recul de l’activité et les agences enregistrent une baisse de chiffre d’affaires comprise entre 20 et 50%. En ces temps de crise, les chefs d’entreprises ne veulent pas d’opérations relations publiques trop ostentatoires, mais des dispositifs de relations publiques à l’économie. Par conséquent, certaines prestations de relations publiques haut de gamme éprouvent plus de difficultés à trouver preneurs que les années précédentes. C’est notamment le cas des loges plus chères, pour les demi-finales et la finale.

Si les entreprises s’engagent moins dans ce type d’initiative, on peut y voir plusieurs raisons :

D’une part, certaines entreprises sont très affectées par la crise et elles ne consacrent plus de budget à cette démarche. D’autre entreprises sont inquiètes pour l’avenir et restreignent leurs budgets. En revanche, d’autres entreprises sont encore en bonne santé, mais veulent acheter la paix sociale en n’affichant pas aux yeux de leurs collaborateurs des dépenses qui sont souvent mal comprises.

Pour autant, on note une restriction des budgets chez les sponsors et chaque marque tente de réaliser les économies adéquates, sur des frais jugés peu nécessaires et coûteux malgré cela. Les économies portent sur la personnalisation de l’accueil, la qualité des repas, du champagne, mais aussi sur les déplacements organisés par les collaborateurs qui viennent des régions ou de l’étranger. Chaque marque est donc libre et arbitre en fonction de ses priorités et de son budget. Alors que beaucoup d’entreprises coupent les budgets superflus ou même réduisent leurs effectifs, le temps est davantage à montrer davantage de solidarité, de valeurs d’éthique plutôt que de sortir les coupes de champagne et les petits fours pour séduire ses partenaires économiques. En période de crise, les entreprises doivent faire preuve d’une responsabilité “morale”. L’heure est aux économies et à la discrétion sur des dépenses dont les salariés ne comprennent pas toujours l’utilité commerciale. Quand bien même elles ne connaîtraient pas la crise, les entreprises jouent la prudence ou la discrétion. Beaucoup d’entreprises ont, par ailleurs, réduit le nombre d’invitations, en se concentrant uniquement sur des contacts de haut niveau, présidents ou directeurs généraux, de leurs clients ou leurs prospects.

Ce phénomène n’est pas propre à Roland Garros et à son modèle économique, même si Wimbledon, qui dispose de peu de sponsors, vend ses packages RP à des prix plus conséquents.

Les comportements varient-ils selon la taille des entreprises ?

On observe que les PME maintiennent plus souvent leurs dispositifs, car les patrons réussissent mieux à expliquer l’utilité économique des opérations de relations publiques qu’ils mènent. Certains groupes du CAC 40 ont eux plutôt tendance à faire profil bas et à être “socialement corrects”. S’il est difficile de demander à ses collaborateurs de moins voyager, de réduire les notes de frais et de ne plus inviter tous leurs clients à Roland Garros, il ne faut pas pour autant négliger le rôle et la portée des relations publiques. Cette forme de communication très utile commercialement constitue un outil relationnel fort, à l’heure où la relation professionnelle à besoin de proximité pour pallier les modes de communication virtuels tels que la messagerie email.

L’avenir des RP n’est donc peut être pas si “noir” et pourrait profiter de la fin de la crise pour repartir sur de bonnes bases….

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Coupe du Monde 2006 - Episode 3 : Adidas joue gros

Adidas-ReebokLe groupe Adidas a présenté hier ses résultats annuels : le rachat de Reebok pour 3,1 Md€ pèse sur le Q4 avec une perte nette de 4 M€. Sur l’année 2005, le bénéfice net est en hausse à 383 M€ (+22% par rapport à 2004) mais reste en deça des prévisions établies à 392 M€.

La logique sous-jacente de l’association entre les deux marques était, entre autres, de combiner les positions de leader d’Adidas — football, course à pied — et de Reebok — style de vie, sports US (voir précédent article : Adidas-Reebok, un couple complémentaire).

L’opération financière du rachat a plombé le 4è semestre du groupe. Plus inquiétante est la situation de Reebok en termes de commandes et de CA : -5% prévus sur l’année 2006. “Une bonne partie de nos efforts va maintenant porter sur un redressement de la marque Reebok” annonçait le Président du Directoire, Herbert Hainer. Dans le même temps, Adidas doit réussir son Mondial. Face aux redoutables Nike et Puma (voir article), la lutte n’est pas gagnée d’avance.

Dans le cadre de la Coupe du Monde 2006, les objectifs commerciaux d’Adidas sont les suivants :
- 10 millions de ballons
- 1,5 millions de maillots (dont 500.000 pour la Nationalmannschaft)
- 1 million de chaussures Predator
Des objectifs ambitieux mais pas irréalisables. Adidas, partenaire officiel de la Coupe du Monde, équipe six équipes nationales (France, Allemagne, Espagne, Japon, Argentine, Trinidad et Tobago), joue à domicile et dépense énormément en marketing et communication.

Adidas compte atteindre la barre du milliard d’euros de CA dans le football, soit 10% de plus qu’en 2004. Au niveau du groupe, l’objectif est, pour la 6è année consécutive, une croissance à deux chiffres du bénéfice global.

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Coupe du Monde 2006 - Episode 1 : les équipementiers

Je vous propose de commencer une série d’articles sur l’événement sportif de l’année 2006, histoire de faire le point sur les stratégies des différents acteurs. Aujourd’hui, les équipementiers :

Alors que le coup d’envoi de la Coupe du Monde de Football va être donné dans quelques mois (le 9 juin prochain), les équipementiers sont dans les starting-blocks. Adidas a déjà dégainé en octobre dernier en lançant sa campagne “Adidas +10″.
Puma met largement en valeur les équipes africaines qu’il sponsorise à travers les couleurs et musiques de son site pumafootball.com
Nike lance le mouvement “Joga Bonito” avec Cantona comme leader. Des revendications et du buzz à venir (merci Laurent).
Face aux poids lourds du secteur, Umbro s’associe avec BBC Sport, MTV et Yahoo! pour lancer “One Love” et créer le buzz (via Adverblog).
A suivre…

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Puma Football : +10% en 2006 grâce à la Coupe du Monde ?

PumaPuma, par la voix de son PDG Jochen Zeitz, déclare viser une augmentation d’au moins 10% de son activité football grâce à la Coupe du Monde qui se déroulera en Allemagne du 9 juin au 9 juillet 2006. Troisième équipementier dans le football, Puma entend “réduire l’écart” face aux leaders Nike et Adidas.

Cette déclaration fait suite à l’annonce des résultats financiers du troisième semestre 2005 : bénéfice net à 92 millions d’euros (+11,5%). De son côté, Adidas a annoncé 209 millions (+28,2%). Les deux groupes ont profité de la forte croissance des marchés américain et asiatique. A six mois de la Coupe du Monde, Adidas et Puma, qui joueront à domicile, multiplient les annonces prometteuses en termes de vente. Le premier événement sportif mondial devrait dynamiser le marché des articles de sport pour peut-être relancer la croissance en Europe.

Puma : quel sponsoring dans le football ?

Si l’équipementier allemand possède un portefeuille relativement large — 22 clubs et 14 sélections nationales — il n’en reste pas moins que, quelques équipes (re)connues mises à part, il cherche toujours à créer le décalage. On se souvient du sponsoring de l’équipe d’athlétisme de la Jamaïque ou encore des Lions indomptables du Cameroun, et des campagnes de communication qui en ont découlées.

Les clubs
France : AS Monaco, FC Metz, FC Girondins de Bordeaux, OGC Nice
Italie : SS Lazio Rome
Angleterre : Fulham FC
Allemagne : VfB Stuttgart, Hamburger SV
Portugal : Boavista FC
Pays-Bas : FC Utrecht
Suède : Malmö FF, Helsingborgs IF
Argentine : Club Atletico Colon, GELP, Club Atletico Talleres, Club Atletico Rosario Central
Colombie : Deportivo Independiente Medellin
Brésil : Grêmio
Etats-Unis : Chicago Fire
Japon : Jubilo Iwata, Oita Tinita, Shimizu S-Pulse

Les sélections nationales
Déjà qualifiées : Italie, Pologne, Paraguay, Tunisie, Togo, Côte d’Ivoire, Ghana, Arabie Saoudite et Iran
Qualification encore possible : République Tchèque, Suisse
Eliminées : Autriche, Bulgarie, Cameroun

Puma en quelques chiffres

Bénéfice net 2004 : 1,530 millions d’euros.
Répartition par activité :
- Chaussures : 66.1 %
- Vêtements : 27.2 %
- Accessoires : 6.7 %

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En savoir plus : Le site corporate Puma, Puma Football, Allemagne 2006

Lafuma monte dans le capital d’Oxbow

LafumaLa part de Lafuma dans le capital d’Oxbow passe de 97,77% à 98,99%, lundi 7 novembre 2005.

Le groupe Lafuma possède quatre marques, chacune d’entre elles représentant un pôle d’activité : Lafuma dans l’outdoor grand public, Millet dans le technique, le Chameau dans le country. Suite à l’acquisition d’Oxbow en mai 2005, un quatrième pôle, le pôle”glisse”, a été créé.

L’année 2005 s’est soldée par un CA à 202 millions d’euros en progression de 12, 3%. Tandis que Lafuma marquait le pas, Millet, Le Chameau, Oxbow et l’international tiraient la croissance du groupe vers le haut.
Pour 2006, les objectifs sont le développement d’Oxbow et le retour de Lafuma au premier plan.

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En savoir plus : Le site du groupe Lafuma, Le site d’Oxbow
Crédit photo : Lafuma

Adidas-Reebok, un couple complémentaire

Adidas-ReebokIl y a un mois, le 3 août 2005, le groupe allemand Adidas-Salomon, deuxième équipementier mondial, annonce qu’il acquiert le numéro 3 du secteur, l’Américain Reebok, sous forme de rachat d’actions. L’opération, d’un montant de 3,1 milliards d’euros, devrait être finalisée au printemps 2006.

Le maître-mot de la fusion Adidas-Reebok est « complémentarité ». Celle-ci apparaît à la fois de manière implicite mais également de façon explicite. La photo des deux PDG échangeant leurs produits-phare – un ballon de football pour Adidas et un ballon de Football Américain pour Reebok – est, à elle seule, emblématique. Car ces deux produits sont représentatifs de l’influence géographique de ces deux marques. Bien que talonnée par Nike, la marque aux trois bandes domine un sport européen tel que le football : équipement d’équipes européennes de renom (Real Madrid, Milan AC, Bayern Munich, Olympique de Marseille…) et de sélections nationales (France, Allemagne, Espagne…). De même, l’influence de Reebok dans les sports majoritairement américains (Football US, basket-ball) est patente : elle est l’équipementier officiel des équipes de la National Football League et possède des licences pour certains produits en NBA. La complémentarité semble valable tant sur le plan géographique que sur le plan des sports sponsorisés.

Le marché américain attire les convoitises

Reebok réalise plus de la moitié de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis (52% en 2004). En revanche, le groupe Adidas-Salomon réalise plus des trois quarts de son CA à l’international. Le groupe est particulièrement bien implanté en Europe et en Asie. Mais c’est sur le continent nord-américain que le bât blesse pour Adidas : il recueille à peine 9,1 % des parts sur le marché des chaussures de sport en 2003, quand, dans le même temps, Reebok atteint 12,5% et Nike domine littéralement avec plus de 36%. La nouvelle entité Adidas-Reebok aura pour tâche de vérifier l’adage « l’union fait la force ». Le pouvoir de négociation auprès des fournisseurs, des distributeurs, des régies publicitaires, etc. devrait a priori leur être plus favorable. Il est plus facile de négocier lorsqu’on détient quasiment 22% du marché que 12, 5%. Une des principales raisons de la volonté d’Adidas de se marier avec Reebok et pas un autre (Puma, New Balance, Asics) réside dans le fait que ce dernier possède à la fois une parfaite connaissance du marché américain mais surtout une forte implantation. Celle-ci est essentielle si l’on tient compte du fait que le marché de la chaussure et des articles sportifs aux Etats-Unis est le premier au monde et qu’il représente environ 45% du CA mondial. Renforcer sa présence sur le marché américain s’annonce donc comme une évidence pour Adidas. D’autant plus que, face au manque de dynamisme en Europe, le marché outre-atlantique fait preuve d’un fort potentiel de croissance. Lorsque Paul Fireman, le PDG de Reebok, annonce qu’« Adidas est le partenaire idéal pour Reebok », compte tenu de ce que nous avons dit plus haut, on peut penser que la réciproque est également vraie. Adidas compte en effet s’appuyer sur Reebok pour pénétrer le marché US.

Le « streetwear », un marché en pleine croissance

Si Adidas est réputé pour la qualité techniques de ses produits, il ne s’est pas encore imposé dans la rue. La gamme de produits « Originals Adidas» tente de répondre à cette nouvelle attente des consommateurs. Il faut cependant du temps pour que les mentalités évoluent et qu’Adidas soit crédible sur le marché du « streetwear». L’emploi de leaders d’opinion peut en tout cas accélérer la tendance. Pour Reebok, la démarche est tout autre. Au départ, c’est dans le fitness que la marque possède une vraie crédibilité. Ce n’est qu’au début des années 90 qu’elle a résolument pris le parti d’être une marque de sport. Historiquement, Reebok a donc plus de facilités dans les produits « lifestyle ». Le succès de sa ligne de vêtements griffés « Rbk » montre à la fois le potentiel et la réponse aux attentes.

Alors que les consommateurs de produits Adidas sont plutôt masculins, la clientèle de Reebok est majoritairement féminine. Lorsqu’on sait que 45% des femmes pratiquent un activité sportive, le marché du sport dispose d’un potentiel de croissance chez les femmes. Mais celles-ci recherchent un compromis entre la performance technique des produits et leur look. Ici, on rejoint le paragraphe précédent où les femmes sont peut-être plus sensibles à des produits « streetwear ». Finalement, on perçoit la complémentarité possible entre les gammes et entre les cibles des deux marques. On remarque également ce que Reebok peut apporter à Adidas en terme de savoirs et de savoir-faire.

Adidas se donne les moyens de rattraper Nike

Sur le plan économique, l’association Adidas-Reebok présente d’indéniables avantages. Nous avons déjà évoqué un plus grand pouvoir de négociation. Des économies d’échelle sont également possibles, avec par exemple, une mise en commun des achats. L’aspect technologique n’est pas à oublier. Les départements Recherche & Développement des deux firmes peuvent concentrer leurs efforts pour plus d’efficacité et d’originalité.

Au niveau de l’image, le nouveau groupe jouit d’un portefeuille de sportifs bien fourni. Aux athlètes sous contrat avec Adidas – Zinedine Zidane, David Beckham, Justine Henin-Ardenne, Marat Safin – s’ajoutent les sportifs signés par Reebok, les stars du basket NBA – Allen Iverson, Yao Ming – et du tennis mondial, Andy Roddick et Amélie Mauresmo. Notons également que Reebok équipe le FC Liverpool, récent vainqueur de la Ligue des Champions, qui a battu en finale le Milan AC équipé lui par un certain… Adidas. En tous les cas, il est intéressant de constater que le nouveau portefeuille de stars est remarquablement diversifié, tant par les sports couverts que par l’influence géographique de ces athlètes. Par exemple, le Chinois Yao Ming et l’Anglais David Beckham bénéficient d’une très forte notoriété en Asie, un marché très prometteur.

Dans la hiérarchie mondiale des fabricants d’articles de sport, la fusion Adidas-Reebok change la donne. Certes, le nouveau groupe ne rattrape pas Nike, le leader incontesté depuis 20 ans. Avec plus de 12 milliards d’euros de résultats en 2004, Nike devance toujours le duo qui atteint 8,9 milliards (dont environ 60% pour Adidas seul). Mais le groupe se donne les moyens pour y arriver. Pour Paul Fireman, Adidas-Reebok est « en mesure d’offrir un meilleur portefeuille de marques mondiales qui répondent véritablement aux besoins des consommateurs actuels et futurs ».

Quelles perspectives pour la nouvelle entité ?

Si la fusion des deux marques en une seule n’est pas à l’ordre du jour, le risque de ratage n’est pas nul pour autant. On sait par expérience que réussir une fusion-acquisition est difficile, a fortiori lorsque les entreprises appartiennent à deux cultures différentes. Pour Adidas-Reebok, il s’agira de retenir les leçons des déboires de Daimler Chrysler, où Daimler a notamment manqué d’humilité envers son partenaire américain. En ne traitant par sur un pied d’égalité (même si c’était bien Daimler qui rachetait Chrysler) et en sous-estimant les différences culturelles, notamment en terme de management, les employés du constructeur de Detroit se sont braqués avec pour conséquence de faire de la fusion un demi-échec. Les fusions réussies existent également comme en témoigne l’Alliance Renault Nissan. Le succès mis en place par Carlos Ghosn reposait entre autres sur la formation de petites équipes, transversales et multi-culturelles mais aussi sur un respect mutuel de l’autre. Si les différences culturelles entre la France et les Etats-Unis ne sont peut-être pas aussi fortes qu’entre la France et le Japon, elles ne sauraient en aucun cas être sous-estimées, le facteur humain restant décisif comme toujours dans les fusions.

Pour le deuxième groupe mondial d’équipement sportif, un objectif commun motivant serait de rattraper Nike. Objectif difficile s’il en est car la firme de Beaverton est constamment innovante et très réactive. Pour réussir ce pari, Adidas-Reebok devra augmenter sérieusement ses ventes aux Etats-Unis – et dans une certaine mesure en Asie – et profiter au mieux des moteurs de croissance du marché de la chaussure et des articles de sport, à savoir le « streetwear » et le « women’s business ».

J. H.

Sources : Sites Internet d’Adidas, Reebok, Nike, SportGuide, Sporting Goods Intelligence, AFP.
Crédit photo : PressNews.net