La Ligue 1 perd en intérêt et en crédibilité

Suite à l’affaire PSG - Marseille et au boycott du match par ce dernier — avec pour conséquences la venue de l’équipe de réserve au Parc des Princes et l’absence des supporters marseillais –, le traditionnel Clasico de la Ligue 1 a viré à la mascarade. Arguant que la sécurité n’était pas assurée pour ses supporters, le président de l’Olympique de Marseille, Pape Diouf, a décidé de ne pas envoyer son équipe première. Pas de Barthez, ni de Ribéry à l’horizon, mais des “minots”, ces jeunes marseillais du centre de formation.

Dans cette situation ubuesque, deux acteurs sont principalement lésés : tout d’abord, le public et les téléspectateurs – français ou étrangers — qui attendaient avec impatience un des matches-phare de la saison. Au lieu de cela, ils ont pu assister à match de Coupe, relativement inintéressant.
Le deuxième acteur pris en otage dans cette affaire est le diffuseur Canal+. Le directeur des sports, Alexandre Bompard, parle de “préjudice majeur pour le groupe Canal+” et veut “obtenir réparation”. Il est vrai que ce non-match dévalorise largement les droits TV acquis au prix fort par le groupe (600 M€ pour 3 saisons).

La Ligue 1, qui, par rapport aux autres championnats européens, est déjà en manque de stars et de buts pour des causes diverses et variées, n’avait pas besoin d’un épisode comme celui-là. Dans un contexte où la Ligue de football professionnel veut rendre son produit plus attractif en favorisant notamment le spectacle et donc le nombre de buts, les propositions de Michel Hidalgo devraient trouver un écho favorable.

Ce mauvais remake PSG/OM est d’autant plus visible que, dans le même temps, la rencontre Stade Français/Biarritz Olympique fêtait le rugby au Stade de France avec un triple succès à la clé : médiatique, sportif et populaire.

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Canal+ / TPS : un mariage de raison

Dans un entretien accordé le 15 décembre 2005 à l’Est Républicain, le Président de la Ligue de Football Professionnel (LFP), Frédéric Thiriez, est revenu sur l’un des principaux dossiers en cours.

Alors que les actionnaires de Canal+ et TPS réfléchissent à une fusion des deux bouquets satellites, M. Thiriez considère ce possible rapprochement comme “logique” compte tenu de la concurrence des nouveaux entrants — les fournisseurs d’accès à Internet et les opérateurs de télécoms. Rappelons à ce sujet que, l’an passé, lors de la procédure d’appel d’offres des droits TV de la Ligue 1, France Télécom avait déjà déposé un dossier de candidature. Face à cette nouvelle concurrence, “la fusion des bouquets est d’une logique industrielle indiscutable”.

Quant à une probable baisse des droits — on se souvient qu’en 2004, la concurrence féroce entre les deux bouquets avait contribué à une surenchère des droits finalement décrochés par Canal+ (droits TV 2005-2008 à raison de 600 millions d’euros par saison), surenchère bénéfique pour les clubs professionnels et du monde amateur puisqu’elle constitue l’essentiel de leur financement –, le Président reste optimiste et assure que la LFP “continuera à défendre énergiquement ses droits”. En fait, la concurrence semble simplement s’être élargie et déplacée sur le terrain des nouveaux médias.

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En savoir plus : LFP, Canal+, TPS
Crédit photo : AFP