Roland Garros - Le projet d’extension : un enjeu stratégique

 

Copyright Arnulf Rainer - Galerie Lelong/FFT 2008

Les Internationaux de France 2008 qui se déroulent du 25 mai au 8 juin 2008 célèbrent cette année les 80 ans du stade Roland Garros. A cette occasion, l’opération “Roland-Garros dans la ville” dont le but est de faire partager l’ambiance festive du tournoi au plus grand nombre est révélatrice de la nécessité à développer la popularité de l’événement. En effet, le statut de Grand Chelem accordé au tournoi peut être remis en cause à l’avenir. Afin de lutter contre une forte concurrence et de prévenir une telle remise en cause, le tournoi doit élever ses standards de qualité, innover et moderniser ses installations.

Un contexte de concurrence mondiale

Si Roland Garros fait toujours partie du club très fermé des Tournois du Grand Chelem, le tournoi est relativement à la traîne en termes d’équipements freinant, entre autres, le développement de la fréquentation et la garantie de diffusion télévisuelle.

En effet, les trois autres tournois du Grand Chelem — l’Open d’Australie, Wimbledon et l’US Open — disposent d’une superficie largement supérieure à celle de l’événement parisien, respectivement de 20 hectares, 20 hectares et 14 hectares lorsque Roland Garros doit se contenter de 8,5 hectares. La superficie est un élément important dans l’optique de proposer un confort optimum aux spectateurs et d’augmenter le nombre de visiteurs pendant la quinzaine.

Last but not least, ces trois tournois disposent déjà de toits rétractables ou, du moins, en ont le projet à court terme ; l’objectif étant d’éliminer la dépendance au facteur météorologique et de pouvoir retransmettre de manière certaine des matches à heures fixes. Paris, a contrario, se retrouve régulièrement sous la pluie et doit reporter les matches sine die.

A l’instar de la Formule 1 qui a vu l’apparition de nouveaux Grand Prix en Asie-Pacifique (Bahreïn, Malaisie, Singapour) ces cinq dernières années, les tournois Masters tels que Shanghaï montrent des vélléités de Grand Chelem, en complément ou en remplacement d’un tournoi européen. Même en Europe, le Masters de Madrid va concurrencer la Porte d’Auteuil. A partir de 2009, ce tournoi disposera notamment de trois courts avec toit rétractable.

Le projet d’extension : un enjeu stratégique

Si la Fédération Française de Tennis (FFT) qui gère l’organisation du Tournoi de Roland Garros a bien anticipé le phénomène en intégrant un projet d’extension dans le dossier de candidature aux Jeux Olympiques, l’échec de Paris 2012 a clairement marqué un coup d’arrêt. Pourtant, cette extension est aujourd’hui cruciale pour permettre au tournoi parisien de conserver son statut.

Le nouveau projet de Roland Garros d’ici à 2012 comprend la mise en place d’un toit rétractable sur le court central et l’extension du stade au Centre Sportif Georges Hébert qui apporterait 2 hectares supplémentaires. En termes d’équipements, la construction de deux courts annexes de 1.000 et 2.500 places sont prévus. Jardins et terrasses paysagers d’une superficie de 6.000 mètres carrés sont également au programme. Le coût du projet est estimé à 120 millions d’euros répartis entre la Fédération (66%), la Ville de Paris (17%) et l’Etat (17%). L’extension si elle est avalisée par les responsables politiques permettrait de passer d’une moyenne de 30.000 spectateurs par jour à 40.000, soit +33%, et de viser les 600.000 visiteurs pendant l’événement.

Le blog du marketing sportif

L’édition 2008 en chiffres

Quel budget ? Quel résultat ?

- Budget prévisionnel : 126 millions d’euros (+6,7% Vs. 2007)
- Dotation globale : 15,6 millions d’euros (+2% Vs. 2007)
- Résultat brut : 40% du budget prévisionnel soit 50 millions d’euros redistribués dans les clubs

Quelles sources de revenus ?

- Droits TV : 40 millions d’euros (dont 11,5 millions avec France Télévisions)
- Relations publiques : 28 millions d’euros
- Partenariats et sponsoring : 27 millions d’euros
- Billetterie : 21 millions d’euros
- Merchandising : 9 millions d’euros

Quelle audience ?

- Audience TV : 3 milliards de téléspectateurs dans 210 pays en 2007
- Audience Internet : 5,1 millions de visiteurs uniques dans le monde en 2007 (version trilingue : français, anglais et espagnol)

Les partenariats à Roland Garros

- Le parrain officiel (1) : BNP Paribas
- Les partenaires officiels (10) : adidas, Alain Afflelou, Lagardère, Federal Express, IBM, Lacoste, Perrier, Orange, Peugeot, Longines
- Les fournisseurs officiels (10) : Adecco, Algeco, Dunlop, Häagen Dazs, Nespresso, One, Sagem, Sogeres, Tecnifibre, Tropicana
- Les licenciés officiels (10) : adidas, Alain Afflelou, Carré Blanc, Dunlop, Lacoste, Lancel, Nespresso, Peugeot, Sagem Communication, Swatch

Repères

Avec 1,1 million de licenciés, le tennis se situe au deuxième rang français derrière le football et se classe premier parmi les sports individuels. Il compte également 5 millions de pratiquants.

E-commerce (partie 2) : Made In Sport seul au monde ?

Made In SportDerrière ce titre volontairement provocateur se cache une réalité que nous allons essayer de définir dans cet article. Fondée en 1998, l’enseigne Made In Sport, “consacrée à l’actualité sportive et à ses champions”, possède une véritable stratégie multicanal : en plus de ses 24 magasins, la marque utilise les canaux Internet (depuis 2000) et vente par correspondance. Avec Citadium, elle fait partie intégrante du pôle sport de Printemps et peut s’appuyer sur la puissance du Groupe PPR et son savoir-faire dans la VPC (catalogue, gestion des commandes et livraison). A cela, il faut rajouter un marketing clients efficace : personnalisation, newsletter, offres promotionnelles… On note une réelle optimisation de l’espace et du merchandising : lien vers les ventes flash sur la page d’accueil et les bannières ; espaces “à l’affiche”, “bonnes affaires” et “notre sélection”. Finalement, cela facilite la navigation, augmente le taux de transformation et favorise les achats impulsifs.

Quels produits ? Quels partenariats ? Quels résultats ?

Si Made In Sport a réussi là où Décathlon et Go Sport ont échoué — la vente en ligne –, cela tient sans doute à la quantité et à l’orientation des produits proposés. Alors que les leaders de la distribution proposaient exclusivement des articles de sport avec les 2/3 de leur catalogue en ligne, soit 20.000 produits, la filiale de Printemps proposait 10 fois moins de références mais se positionnait sur les produits dérivés du sport liés à l’actualité sportive (événements, champions). A ce titre, les maillots replica des grands clubs de football sont des best-sellers.

Disposant d’un véritable savoir-faire tant sur le web que dans le back-office, Made In Sport a conclu un certain de nombre de partenariats avec des clubs de football — Olympique de Marseille, Paris Saint Germain, AS Saint-Etienne, FC Nantes, Stade Rennais — et des événements prestigieux — Roland Garros, le Tour de France, le Dakar — en gérant leurs boutiques officielles. Organisées selon le même modèle, celles-ci peuvent être mises en place très rapidement. Signalons que Made In Sport se rémunère uniquement à la commission (pas de frais fixes) et que le “quinté gagnant dans l’ordre” des boutiques officielles est le suivant : OM, PSG, AS Saint-Etienne, Tour de France et Roland Garros.

En termes d’audience, le site, qui compte 600-700.000 visites/mois en période creuse, atteint 1,2 million en été (cf. période de soldes et nouvelles collections). Cette année, avec la Coupe du Monde, “notre objectif est de 1,6 million de visites annonce Franck Andrieu, le responsable e-commerce de Madeinsport.com. Afin de générer du traffic, le site est partenaire (lien vers la boutique) de sites d’information sportive tels que L’Equipe ou Sporever, propose un programme d’affiliation via First Coffee et est référencé dans les moteurs de shopping comme Kelkoo.

La concurrence et l’international

Made In Sport ne possède pas de concurrence frontale. FanAvenue, son principal concurrent, est plus axé sur le profil du “fan” quel que soient les thématiques — sport, musique, mode… — et offre des produits peut-être moins prestigieux et/ou moins rentables que Made In Sport : AS Nancy Lorraine, Stade Malherbe, 24H du Mans, etc. A relativiser cependant car FanAvenue tient la boutique officielle de Tony Parker, le meneur des San Antonio Spurs. Un autre challenger parmi les sites généralistes serait Mister Sport.

La concurrence peut également venir des sites spécialisés sur un sport en particulier — peut noter : Tennis.fr, Footcenter.fr, MonsieurGolf.com, Boutique-Rugby.com, Barnett — ou de la rubrique sport des sites de VPC — CAMIF, La Redoute (Groupe PPR), Les 3 Suisses.

Le développement commercial du site Made In Sport passe non seulement par l’ajout de produits moins liés à l’actualité sportive mais aussi par l’international qui, déjà,“représente entre 20 et 25% de notre chiffre d’affaire” explique Gilles Raison, responsable marketing et VAD. En témoignent les versions bilingues (français, anglais) sur Madeinsport.com et les boutiques de clubs professionnels, et trilingues (français, anglais, espagnol) pour les boutiques d’événements internationaux tels que Roland Garros, le Tour de France, le Dakar et le Renault F1 Team. Dans cette optique, le récent lancement du NBA Store Europe confirme les ambitions internationales de Made In Sport.

Le Blog du marketing sportif

A lire également : Made in Sport vous rembourse le maillot de l’Equipe de France (17/11/2005)

Coupe du Monde 2006 - Episode 3 : Adidas joue gros

Adidas-ReebokLe groupe Adidas a présenté hier ses résultats annuels : le rachat de Reebok pour 3,1 Md€ pèse sur le Q4 avec une perte nette de 4 M€. Sur l’année 2005, le bénéfice net est en hausse à 383 M€ (+22% par rapport à 2004) mais reste en deça des prévisions établies à 392 M€.

La logique sous-jacente de l’association entre les deux marques était, entre autres, de combiner les positions de leader d’Adidas — football, course à pied — et de Reebok — style de vie, sports US (voir précédent article : Adidas-Reebok, un couple complémentaire).

L’opération financière du rachat a plombé le 4è semestre du groupe. Plus inquiétante est la situation de Reebok en termes de commandes et de CA : -5% prévus sur l’année 2006. “Une bonne partie de nos efforts va maintenant porter sur un redressement de la marque Reebok” annonçait le Président du Directoire, Herbert Hainer. Dans le même temps, Adidas doit réussir son Mondial. Face aux redoutables Nike et Puma (voir article), la lutte n’est pas gagnée d’avance.

Dans le cadre de la Coupe du Monde 2006, les objectifs commerciaux d’Adidas sont les suivants :
- 10 millions de ballons
- 1,5 millions de maillots (dont 500.000 pour la Nationalmannschaft)
- 1 million de chaussures Predator
Des objectifs ambitieux mais pas irréalisables. Adidas, partenaire officiel de la Coupe du Monde, équipe six équipes nationales (France, Allemagne, Espagne, Japon, Argentine, Trinidad et Tobago), joue à domicile et dépense énormément en marketing et communication.

Adidas compte atteindre la barre du milliard d’euros de CA dans le football, soit 10% de plus qu’en 2004. Au niveau du groupe, l’objectif est, pour la 6è année consécutive, une croissance à deux chiffres du bénéfice global.

Le Blog du marketing sportif

Marketing, droit et sport. La revue de presse

Je vous propose ici une sélection d’articles récemment parus en ligne (journaux et blogs) :

- “Dans les coulisses du sport business” (Football 365.fr) : les conséquences de la fusion Canal+/TPS, le business de la Coupe du Monde, le lourd investissement de TF1 en droits de retransmissions…

- “Refuser la marchandisation totale du sportif” (Libération.fr) : les débuts du phénomène de judiciarisation du sport, un droit entre exception et uniformisation , la question du dopage…

- “Uncharitable” et “Hanging up the sponsorship” (ESPN.com) : pour en savoir plus sur le sponsoring et le business de la National Football League

- “Un peu de prospective, les futurs sponsors de 2006″ (Litzler.fr) : dans un contexte de forte concurrence, pourquoi ne pas se différencier en investissant dans le sport ? les renseignements téléphoniques, EDF, la Poste, la SNCF…

A suivre également :

- la nouvelle mouture du site Eurosport.fr (16 janvier)
- l’appel d’offres sur les droits mobiles de la Ligue 1 (27 janvier)
- les événements à venir : l’Open de tennis d’Australie, la Coupe d’Afrique des Nations, le Tournoi des VI Nations, les Jeux Olympiques d’Hiver à Turin

Le blog du marketing sportif

Crédits : Lacoste

Moretton chez Sportfive : de l’événementiel aux droits TV

Gilles Moretton, PDG de Gones & Sports — la holding qui chapeaute Occade Sport et le club de basket de l’Asvel — devient Directeur Général de Sportfive, société leader en Europe dans la gestion des droits TV et de marketing sportif. En charge des ventes et du développement, il conservera néanmoins la présidence de Gones & Sports.

Ancien joueur de tennis professionnel, il crée le Grand Prix de Tennis de Lyon en 1987 qui deviendra le premier tournoi français ATP (hors Grand Chelem et Masters) avec un Prize Money à 659.000 euros. Avec sa structure Gilles Moretton Organisation rebaptisée Occade Sport dans les années 90, il gère d’autres événements lyonnais à la portée nationale voire internationale tels que le Marathon de Lyon et les Rencontres Peugeot Roland Garros. En 1998, l’homme devient également le président de l’Asvel.

Il y a quelques jours, Gilles Moretton démissionnait du Comité Directeur de la Ligue nationale de basket (LNB) et de la présidence de la Commission Marketing regrettant que “la LNB ne [saisisse] pas l’opportunité exceptionnelle qui s’offre au basket français de prendre toute sa place dans le concert national et international en suivant la route tracée par la NBA et par l’Euroligue en Europe.”

Chez Sportive, Moretton va devoir faire face à de nouveaux défis : certes, l’on reste dans le marketing sportif, mais ici, il s’agit moins d’événementiel sportif que de droits marketing (sponsoring, image, athlètes), de droits TV et de services (production TV, billetterie…). De plus, les sports pour lesquels travaillent Sportfive sont plutôt le football et le rugby, et non le tennis, le basket-ball ou la course à pied, qui auraient pu bénéficier d’une expertise de Moretton.
Cependant, depuis la fin de sa carrière sportive, l’homme a fait de sa reconversion dans les affaires un cas d’école. Gageons qu’il réussira dans sa nouvelle entreprise.

Le Blog du marketing sportif

En savoir plus : Sportfive (EN), Occade Sport

Puma Football : +10% en 2006 grâce à la Coupe du Monde ?

PumaPuma, par la voix de son PDG Jochen Zeitz, déclare viser une augmentation d’au moins 10% de son activité football grâce à la Coupe du Monde qui se déroulera en Allemagne du 9 juin au 9 juillet 2006. Troisième équipementier dans le football, Puma entend “réduire l’écart” face aux leaders Nike et Adidas.

Cette déclaration fait suite à l’annonce des résultats financiers du troisième semestre 2005 : bénéfice net à 92 millions d’euros (+11,5%). De son côté, Adidas a annoncé 209 millions (+28,2%). Les deux groupes ont profité de la forte croissance des marchés américain et asiatique. A six mois de la Coupe du Monde, Adidas et Puma, qui joueront à domicile, multiplient les annonces prometteuses en termes de vente. Le premier événement sportif mondial devrait dynamiser le marché des articles de sport pour peut-être relancer la croissance en Europe.

Puma : quel sponsoring dans le football ?

Si l’équipementier allemand possède un portefeuille relativement large — 22 clubs et 14 sélections nationales — il n’en reste pas moins que, quelques équipes (re)connues mises à part, il cherche toujours à créer le décalage. On se souvient du sponsoring de l’équipe d’athlétisme de la Jamaïque ou encore des Lions indomptables du Cameroun, et des campagnes de communication qui en ont découlées.

Les clubs
France : AS Monaco, FC Metz, FC Girondins de Bordeaux, OGC Nice
Italie : SS Lazio Rome
Angleterre : Fulham FC
Allemagne : VfB Stuttgart, Hamburger SV
Portugal : Boavista FC
Pays-Bas : FC Utrecht
Suède : Malmö FF, Helsingborgs IF
Argentine : Club Atletico Colon, GELP, Club Atletico Talleres, Club Atletico Rosario Central
Colombie : Deportivo Independiente Medellin
Brésil : Grêmio
Etats-Unis : Chicago Fire
Japon : Jubilo Iwata, Oita Tinita, Shimizu S-Pulse

Les sélections nationales
Déjà qualifiées : Italie, Pologne, Paraguay, Tunisie, Togo, Côte d’Ivoire, Ghana, Arabie Saoudite et Iran
Qualification encore possible : République Tchèque, Suisse
Eliminées : Autriche, Bulgarie, Cameroun

Puma en quelques chiffres

Bénéfice net 2004 : 1,530 millions d’euros.
Répartition par activité :
- Chaussures : 66.1 %
- Vêtements : 27.2 %
- Accessoires : 6.7 %

Le blog du marketing sportif

En savoir plus : Le site corporate Puma, Puma Football, Allemagne 2006

Lafuma monte dans le capital d’Oxbow

LafumaLa part de Lafuma dans le capital d’Oxbow passe de 97,77% à 98,99%, lundi 7 novembre 2005.

Le groupe Lafuma possède quatre marques, chacune d’entre elles représentant un pôle d’activité : Lafuma dans l’outdoor grand public, Millet dans le technique, le Chameau dans le country. Suite à l’acquisition d’Oxbow en mai 2005, un quatrième pôle, le pôle”glisse”, a été créé.

L’année 2005 s’est soldée par un CA à 202 millions d’euros en progression de 12, 3%. Tandis que Lafuma marquait le pas, Millet, Le Chameau, Oxbow et l’international tiraient la croissance du groupe vers le haut.
Pour 2006, les objectifs sont le développement d’Oxbow et le retour de Lafuma au premier plan.

Le blog du marketing sportif

En savoir plus : Le site du groupe Lafuma, Le site d’Oxbow
Crédit photo : Lafuma