Airness et le sponsoring sportif

1999-2006. En presque huit ans, la marque Airness a su s’imposer dans le paysage de l’équipement sportif français. Créée par Malamine Koné, “la panthère” est aujourd’hui un acteur majeur du sponsoring du football. Avec quatre (et bientôt cinq) équipes — le Stade Rennais, le FC Nantes, le Valenciennes FC et le LOSC cette saison, l’AJ Auxerre l’année prochaine –, il est le premier équipementier de Ligue 1. S’il est vrai que les leaders, notamment Adidas, ont réduit leur nombre d’équipes sponsorisées pour se focaliser sur les plus stratégiques, il faut noter le dynamisme, le positionnement original, ainsi que la communication mise en place par Airness.

De la rue au stade

En s’associant avec des ambassadeurs de renom tels que Sylvain Wiltord, Didier Drogba et Guy Roux, et en communiquant sur le côté lifestyle du sport, la marque a su s’attirer à elle une cible jeune, acquérir une vraie légitimité et développer sa notoriété. Il est vrai que Aujourd’hui, c’est par le sponsoring que la marque décide de poursuivre sa croissance.

Airness est également présent en dehors du football. Le basket, le rugby sont des pistes explorées par Koné. Pourtant, la prochaine proie de “la panthère” — et la plus forte en termes d’impact — pourrait être l’Equipe de France de football ? Si le fait qu’une marque française équipe la sélection nationale est un bel argument sur le papier, il est parier qu’Adidas ne lâchera pas le morceau, la France étant l’une des sélections-phare dans son portefeuille d’équipes.

Le blog du sponsoring sportif

Update : merci à Fred de m’avoir signalé que le club de Valenciennes est également équipé par Airness.

All Star Game : les yeux dans les étoiles

Pour la 19è édition, le All-Star Game français a fait aussi bien sinon mieux que l’an passé. L’événement qui se déroule au Palais Omnisports de Paris-Bercy depuis 2002 s’est encore une fois tenu à guichets fermés avec 14.500 spectateurs.

Cette manifestation sportive qui oppose les meilleurs joueurs français et étrangers de Pro A est produit par Nike, partenaire de la Ligue Nationale de Basket, et diffusé par Sport+. Pendant près de quatre heures, un seul mot d’ordre est de mise : faire le spectacle ! Pour cela, rien de mieux que de mettre en valeur les qualités techniques et physiques des basketteurs et street-basketteurs (présence de la Slam Nation) à travers des concours de meneurs, de dunks et de tirs à 3 points. Tout cela dans une ambiance de spectacle son & lumière. Il ne faudrait pas oublier les danseuses ukrainiennes, les breakdancers et une Harley Davidson sur le parquet de Bercy…

Pour un peu, on en oublierait presque le “match des étoiles”. Dans ce match de gala, finalement conclu par une victoire de la sélection étrangère sur les français (96 à 85), les défenses ont été mises entre parenthèses au profit du seul jeu. En conclusion, un vrai show à l’américaine, d’un bout à l’autre. Rendez-vous au POPB pour répondre à l’appel du 18 juin 2006 et assister aux finales des play-offs de Pro A.

Le Blog du sponsoring sportif

En savoir plus : All Star Game - site événementiel, Ligue Nationale de Basket / Crédit photo : Sport+

Le Coq Sportif prend la nationalité suisse

Le Coq SportifL’équimentier français emblématique a été repris (70% du capital) par un fonds d’investissement suisse, Airesis. Ce fonds, spécialisé dans le rachat de sociétés où il existe un décalage entre la notoriété et le CA, et qui possède notamment Boards & More (marques Mistral, F2 et Fanatic) trouve là une occasion d’enrichir son portefeuille de marques de sport.

Fondé officiellement par Emile Camuset en 1948, le Coq Sportif s’est vu racheter à de nombreuses reprises ces 30 dernières années. En 1974, l’ancien partenaire Adidas se voit confier le contrôle de l’entreprise, qu’il revendra quelques 20 ans plus tard à la Brown Shoes Company. Gallo France, un groupe d’entrepreneurs alsaciens, rachètera finalement l’entreprise en 1998.

C’est la politique de sponsoring - ambitieuse et récompensée - du Coq Sportif qui a forgé son prestige, toujours intact : équipe de France d’athlétisme (JO de Rome et Budapest) et de football, ainsi que les cyclistes du Tour de France dans les années 60. Dans les années 80, le Coq fait le pari gagnant de Noah qui remporte Roland Garros et des Verts de Saint-Etienne qui gagnent leur 10è Championnat.

Aujourd’hui, la marque est certes toujours présente dans le sport (football, tennis, running) mais c’est la gamme “vintage” ou “rétro” avec les collections d’Agnès B. ou Jean-Charles de Castelbajac qui représente le plus beau potentiel de croissance. Les produits ” mode” vendus beaucoup plus chers que les produits “techniques” bénéficient d’une marge importante (souvent 30% du prix). A l’instar de Puma, le Coq base sa communication sur quelques “coups” médiatiques décalés, tel la tenniswoman belge Justine Hénin-Ardenne, l’équipe de football du Sénégal et de Nantes.

Après Rossignol passé dans le giron de l’américain Quiksilver et Salomon dans le giron d’Adidas puis d’Amer Sport (marques Wilson, Atomic, Oxygen…), c’est une autre marque française de sport qui passe sous pavillon étranger. Le prestige et la notoriété de ces marques ont-elles été suffisamment exploitées ? En tout cas, il semble que c’est bien le potentiel publicitaire qui attire les groupes vers ces marques. Associer des produits attractifs à une plus grande force de frappe médiatique devrait avoir plus d’impact. Mais, face aux géants du secteur Nike et Adidas-Reebok, une communication “décalée”, certes plus intense, devrait être plus productive qu’une communication “ordinaire”.

J.H.
Le Blog du sponsoring sportif

En savoir plus : Airesis, Le Coq Sportif

Sources : AFP, LCS, Airesis
Crédit photo : LCS