CAN 2006 : à l’heure de la médiatisation

La retransmission sur TF1 de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), qui opposait l’Egypte à la Côte d’Ivoire, a rassemblé 4,2 millions de téléspectateurs, soit plus de 30 % de PDM, avec un pic à 9,4 millions lors des tirs au but. Le public français a donc largement répondu présent à l’événement majeur du football africain. La présence de joueurs médiatisés et talentueux (Drogba, Eto’o…) ainsi que l’importance de la filière africaine dans les clubs de Ligue 1 sont des éléments d’explication.

Si l’on peut tirer un bilan de cette CAN 2006, on se souviendra d’un “excellent niveau d’ensemble technique, tactique et physique” dixit Roger Lemerre — qui laisse espérer de belles choses en Allemagne –, d’un arbitrage parfois aléatoire, d’un programme de partenariats intéressant mais avec une marge importante — les sponsors étaient MTN, EgyptAir, BlueSky, Tamoil, Canon, LG — et d’un public présent et en délire pendant les matches des Pharaons égyptiens.

En revanche, le gros point noir réside dans le manque de spectateurs lors des matches où ne participait pas l’Egypte, c’est-à-dire la majorité des matches. En termes de médiatisation, l’image de tribunes vides est évidemment très mal vue par les sponsors. L’armée a même été réquisitionnée pour “remplir” le stade…
En tous les cas, les aspects marketing, billetterie et promotion de l’événement sont clairement les axes de développement pour les futures Coupe d’Afrique.

Le Blog du marketing sportif

En savoir plus : CAN - Egypte 2006

La médiatisation du Super Bowl

La 40è édition du Super Bowl, la finale du Championnat de Football Américain (NFL), opposera les Pittsburgh Steelers aux Seattle Seahawks et se déroulera le 5 février prochain à Detroit. Comme d’habitude, les téléspectateurs américains et donc les annonceurs répondront présents pour l’événement sportif de l’année aux USA. Si ceux-ci sont prêts à débourser 2,5 millions de dollars pour un spot TV de 30 secondes, ils attendent bien sûr un retour sur investissement. D’une part, pouvoir toucher un maximum de téléspectateurs via une forte audience. En 2005, celle-ci était évaluée à 133 millions, soit quasiment un américain sur deux (source : NFL). Et d’autre part, favoriser la mémorisation de la publicité. Les annonceurs chargent donc des instituts de mesurer à la fois la mémorisation du message et l’effet de l’exposition à la publicité sur la mémorisation de la marque.
Considérant le coût d’un spot ou d’un sponsoring prohibitif, d’aucuns misent sur un marketing décalé. Ainsi, en 2004, un homme nu est rentré sur le terrain du Super Bowl avec l’adresse du site Internet du casino “Golden Palace” inscrite dans son dos. Une publicité efficace et… gratuite !

Le Super Bowl 2006 sera diffusé dans plus de 225 pays et territoires pour une audience mondiale évaluée à près d’un milliard de téléspectateurs. Les Rolling Stones donneront un concert à la mi-temps. En Europe, la rencontre sera retransmise en clair dans les pays les plus porteurs. France 2, qui remplace Canal+, couvrira l’événement en France, ARD en Allemagne et ITV au Royaume-Uni.
Précisons également que la couverture Internet & Mobile de l’événement est croissante. Citons notamment Yahoo! Sport, Sprint Mobile et ESPN Mobile.

Le Blog du marketing sportif

Le p’tit + : Lors de mon année aux USA (2003-04), j’ai pu apprécier la mobilisation des Américains pour le Super Bowl. En famille ou entre amis, tout le monde est prêt pour plus de 3 heures de show (tunnels de pubs compris) ! En termes d’audience et de mobilisation, il n’existe pas d’équivalent en Europe sauf si la France disputait chaque année la finale de la Coupe du Monde de football…

En savoir plus : Super Bowl, NFL.com

Ca roule pour Renault

Avec un an d’avance sur les objectifs, l’équipe de Renault Sport dirigée par Patrick Faure a remporté le Championnat du monde de Formule 1 des constructeurs. Cette victoire fait suite au sacre de Fernando Alonso chez les pilotes. C’est donc un coup double pour la marque au losange. De 1992 à 97, elle avait été le moteur Champion du monde. Aujourd’hui, Renault obtient là son premier succès en tant que team.

Succès sportif, image de marque et bénéfice commercial

Lors du Grand Prix de Magny-Cours, le PDG de Renault Nissan, Carlos Ghosn, avait déclaré : “La F1 a un coût si vous n’avez pas de résultat. C’est un investissement si vous avez des résultats et que vous savez les exploiter”. Il est vrai qu’avec un budget de 300 millions d’euros, le constructeur se doit de rentabiliser son investissement. Quelles sont donc les retombées de la double victoire pour la marque française ?
L’aspect qualitatif semble primer sur l’aspect quantitatif. En d’autres termes, Renaut va gagner en notoriété et disposer d’une image de marque plus favorable. Pour autant, est-ce que cela se traduira par un succès commercial ? Si le succès en F1 n’agit pas a priori directement les ventes, il peut avoir un rôle de facilitateur ou de catalyseur. Dans cette optique, Renault pourrait s’appuyer son partenaire Nissan pour créer et développer son réseau commercial en Asie.

Les enjeux de la Formule 1 : l’internationalisation et l’audience

A l’instar du football, la Formule 1 est un sport suivi sur tous les continents. Dans le cadre de son développement, la FIA et Bernie Ecclestone ont décidé depuis de nombreuses années “d’exporter” le plus médiatisé des sports mécaniques. Il y a également une logique économique derrière cette opération d’internationalisation. Face aux réglementations sévères nationales et européennes — par exemple, la loi Evin en France interdit la publicité chez les cigarettiers; or ceux-ci sont souvent sponsors des écuries — de nouveaux Grands Prix ont été ajoutés à un calendrier déjà très lourd : Malaisie en 1999, Bahrein en 2004. L’Asie ou la manne de nouveaux marchés/débouchés…
Suite aux années Schumacher et à l’hégémonie de Ferrari l’an passé, la Formule 1 semble avoir retrouvé un certain intérêt. Le bras de fer entre Renault et McLaren Mercedes qui s’est joué jusqu’au dernier Grand Prix est là pour en témoigner.
Mieux que Mc Laren Mercedes, Renault a réussi le subtil dosage entre performance et fiabilité. Mais ce fragile équilibre va être remis en cause dès la saison prochaine pour cause de nouvelle réglementation.

Julien Hermetet
Le blog du sponsoring sportif

Crédit photo / En savoir plus : Renault F1 Team

M6 construit sa crédibilité dans le football

M6M6 retransmettra la moitié des matches (31 matches sur 64) de la Coupe du Monde qui se déroulera en Allemagne du 9 juin au 9 juillet 2006. Le groupe TF1 diffusera, quant à lui, les 24 plus belles affiches. Rappelons que TF1 avait acheté les droits de diffusion pour les Mondiaux 2002 et 2006 au groupe Kirch, en faillite depuis.

Challenger dans le paysage audiovisuel français, M6 a à la fois réussi à élargir son public mais également à progresser dans la diversification de ses activités (distribution et production de musique, Internet, FC Girondins de Bordeaux, etc.). Mais ce qui est intéressant, c’est de voir la “place grandissante que la chaîne souhaite donner au sport” dixit Thomas Valentin, Vice-Président du Directoire en charge des programmes, fin 2004.

Un nouveau positionnement de l’offre en programmes sportifs

Chaîne généraliste, M6 pêche par une certaine absence dans le sport. La chaîne a donc créé une double politique de croissance, interne avec la création d’émissions telles Sport 6 ou encore 100% Football, et externe, avec l’achat de droits de diffusion : finales de la Coupe de l’UEFA (2005, 2006), de la Super Coupe (2005).
En août dernier, M6 a pu se réjouir des scores d’audience lors du parcours de l’Olympique de Marseille en Coupe Intertoto. 4,1 millions de téléspectateurs avaient notamment suivi la finale retour face au Déportivo La Corogne.

Avec aujourd’hui l’achat des droits pour le prochain Mondial de football, M6 est clairement en train de repositionner son offre en matière sportive et de prétendre à une certaine crédibilité dans ce domaine. Toutefois, si M6 n’a ni la carrure, ni l’envie de l’être face aux poids lourds du secteur dans le football que sont TF1 et Canal Plus, elle a en revanche un nouveau rôle d’élément perturbateur. En témoigne la dernière vente des droits de la Ligue 1 où M6 avait été soupçonné de faire monter les enchères.

J.H.
Le Blog du sponsoring sportif

Sources : M6 Corporate, M6 Publicité, M6.fr
Crédit : M6.fr