Turin 2006 : la bataille des (nouveaux) médias

Dans une optique commerciale, l’événement sportif est une réelle opportunité pour qui veut mettre en place une opération promotionnelle. On l’a vu avec les ventes de téléviseurs lors des précédentes compétitions internationales de football. On le verra avec les ventes d’écrans LCD et plasma lors de la Coupe du Monde en Allemagne début juin.
Mais les produits “bruns” ne sont pas les seuls à être mis en avant. Avec la fiabilité des nouvelles technologies, les services sont également de la partie.

Aux Jeux Olympiques de Turin, j’ai relevé deux campagnes intéressantes dans le domaine de la diffusion et des nouveaux médias, secteur en plein bouleversement. Tout d’abord, France Télécom profite de cette Olympiade pour faire découvrir MaLigne TV (TV numérique par la ligne téléphonique). En partenariat avec France Télévisions, MaLigne TV propose la retransmission de “toutes les épreuves sur 7 chaînes, les évènements en simultané et en qualité numérique” et propose également la Vidéo à la Demande pour les résumés. France Télévisions, via un espace publicitaire sur son site événementiel Turin 2006, renvoie du trafic vers une page expliquant le principe de MaLigne TV. Dans le cadre du lancement de ce service, les Jeux d’Hiver sont clairement un produit d’appel destiné à capter une forte audience ; la gratuité des 7 chaînes, l’intégralité et le direct des retransmissions étant les mots-clé.

Du côté des services mobiles, l’opérateur SFR s’associe au quotidien sportif L’Equipe via son site lequipe.fr, numéro un dans le sport en termes d’audience (1,15 M de visiteurs uniques !). Un sticker sur la page d’accueil nous propose de “vivre la sensation Jeux Olympiques” sur notre téléphone portable. Le propriétaire d’un mobile 3G est alors invité à se rendre sur le portail Vodafone live! où il pourra consulter les dernières news et vidéos de Turin 2006. Fait assez surprenant, il n’y a pas de redirection vers le site Internet de SFR. Cette campagne viserait donc à informer les 500.000 personnes déjà abonnées à la 3G des services disponibles sur leur mobile. SFR, qui possède l’exlusivité des droits mobiles de l’Equipe de France de football, doit insister sur l’information de ses clients. Dans la perspective de la Coupe du Monde 2006, l’enjeu est de taille. Il s’agit de développer l’intérêt des abonnés pour les services mobiles et de conquérir de nouveaux clients.

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Coupe du Monde 2006 - Episode 2 : le sponsoring de Coca-Cola

Coca-Cola, partenaire officiel d’Allemagne 2006, va prochainement lancer sa campagne “On parle tous football”. Partenaire du Trophée de la Coupe du Monde, la firme américaine va démarrer sa campagne TV avec ce spot publicitaire — que j’ai reçu par email de la Direction de la Communication de Coca-Cola France. Du buzz dans les règles de l’art…

Les habituels codes publicitaires (ours polaires, couleurs blanc/bleu synonymes de fraîcheur, style) sont remplacés par du slice-of-life, de l’humour et des personnages en pâte à modeler façon Chicken Run. Pour Coke, l’enjeu n’est pas la notoriété – il la possède déjà étant une des marques au monde citées le plus spontanément — mais la proximité avec son public. En axant sa communication sur le football comme “passion commune” ou “langage commun”, il se rapproche de ses consommateurs. En s’associant à un sport considéré comme “au-delà des cultures et des différences”, c’est la marque elle-même qui devient universelle. Think global, act…global !

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Coupe du Monde 2006 - Episode 1 : les équipementiers

Je vous propose de commencer une série d’articles sur l’événement sportif de l’année 2006, histoire de faire le point sur les stratégies des différents acteurs. Aujourd’hui, les équipementiers :

Alors que le coup d’envoi de la Coupe du Monde de Football va être donné dans quelques mois (le 9 juin prochain), les équipementiers sont dans les starting-blocks. Adidas a déjà dégainé en octobre dernier en lançant sa campagne “Adidas +10″.
Puma met largement en valeur les équipes africaines qu’il sponsorise à travers les couleurs et musiques de son site pumafootball.com
Nike lance le mouvement “Joga Bonito” avec Cantona comme leader. Des revendications et du buzz à venir (merci Laurent).
Face aux poids lourds du secteur, Umbro s’associe avec BBC Sport, MTV et Yahoo! pour lancer “One Love” et créer le buzz (via Adverblog).
A suivre…

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CAN 2006 : à l’heure de la médiatisation

La retransmission sur TF1 de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), qui opposait l’Egypte à la Côte d’Ivoire, a rassemblé 4,2 millions de téléspectateurs, soit plus de 30 % de PDM, avec un pic à 9,4 millions lors des tirs au but. Le public français a donc largement répondu présent à l’événement majeur du football africain. La présence de joueurs médiatisés et talentueux (Drogba, Eto’o…) ainsi que l’importance de la filière africaine dans les clubs de Ligue 1 sont des éléments d’explication.

Si l’on peut tirer un bilan de cette CAN 2006, on se souviendra d’un “excellent niveau d’ensemble technique, tactique et physique” dixit Roger Lemerre — qui laisse espérer de belles choses en Allemagne –, d’un arbitrage parfois aléatoire, d’un programme de partenariats intéressant mais avec une marge importante — les sponsors étaient MTN, EgyptAir, BlueSky, Tamoil, Canon, LG — et d’un public présent et en délire pendant les matches des Pharaons égyptiens.

En revanche, le gros point noir réside dans le manque de spectateurs lors des matches où ne participait pas l’Egypte, c’est-à-dire la majorité des matches. En termes de médiatisation, l’image de tribunes vides est évidemment très mal vue par les sponsors. L’armée a même été réquisitionnée pour “remplir” le stade…
En tous les cas, les aspects marketing, billetterie et promotion de l’événement sont clairement les axes de développement pour les futures Coupe d’Afrique.

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En savoir plus : CAN - Egypte 2006

Les sponsors en forme Olympique ?

Pour les 11 partenaires* du Programme TOP Comité International Olympique (CIO) – “l’unique forme de parrainage disposant de droits marketing mondiaux pour les Jeux d’hiver et les Jeux d’été”, les Jeux Olympiques sont l’occasion d’associer leur image et les produits dans leur communication globale à un méga-événement sportif. Avec un ticket d’entrée établi à 65 M€ par tranche de 4 ans, nombreuses sont les firmes à vouloir profiter plus ou moins explicitement des symboles des Jeux sans pour autant payer les droits.

Michael Payne, ancien directeur marketing du CIO, insiste sur la dangerosité d’un phénomène connu sous le nom d’ambush marketing auquel doivent faire face tous les organisateurs d’événements, notamment les plus médiatisés :

“L’ambush marketing n’est pas un jeu. C’est quelque chose qu’il faut vraiment prendre au sérieux et qui a la capacité d’éradiquer le sponsoring. Si rien n’est fait pour lutter contre l’ambush marketing ou marketing dit « parasitaire », alors la base du revenu principal du sport sera altérée. Si le sport et les organisations qui sont sponsorisées n’apprennent pas à protéger correctement leurs droits et leur exclusivité, ainsi que l’exclusivité de leurs sponsors, elles perdront alors leur source de revenus financiers.”

Les revenus du parrainage représentant plus du tiers du budget , l’ambush marketing est clairement une menace pour la pérennisation de l’événement sportif. Pour garantir l’exclusivité des droits aux sponsors officiels, l’interdiction et la prévention des opérations de marketing “sauvage” sont les chevaux de bataille du CIO. Depuis les JO d’Atlanta en 1996, Sydney en 2000 et Athènes en 2004 ont dépassé la simple prise de conscience du phénomène pour laisser la place à une véritable stratégie de défense (des marques et symboles) et d’attaque (envers les “ambushers”). Sur le site officiel des JO de Turin, on insiste notamment sur l’utilisation de l’emblême (+ concept de “Clean Venue”) et la sauvegarde du symbole olympique.

Pour ouvrir le débat entre marketing olympique et marketing alternatif à tous les événements médiatisés, que pensez-vous de la communication d’une entreprise comme le casino en ligne Golden Palace qui procède exclusivement par un marketing décalé en utilisant des streakers** comme support de publicité.

Entre la légalité de l’action, l’originalité du concept et l’efficacité du coup de pub, qu’en pensez-vous ?

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Le p’tit + :Passionné de marketing et de sport, j’ai réalisé mon mémoire de fin d’études sur l’événementiel sportif et sa pérennisation (lire ici).

En savoir plus : CIO, Turin 2006 // * Les 11 partenaires TOP sont : Coca-Cola, Samsung, Kodak, Omega, VISA, Panasonic, General Electric, McDonald’s, Atos Origin, Lenovo, Manulife // ** streaker = spectateur ou supporter débarquant nu sur un lieu de compétition

Made in Sport vous rembourse le maillot de l’Equipe de France !

Made in SportA l’occasion du lancement du nouveau maillot de l’Equipe de France, le distributeur multicanal spécialisé dans le sport a mis sur pied une jolie opération de promotion et de communication : si vous achetez votre maillot des Bleus entre le 12 et le 30 novembre 2005 et que la France n’est pas Championne du Monde en juillet 2006, Made in Sport vous rembourse. Rien que ça.

Petit décryptage

Made in Sport qui parie sur la victoire de la France au Mondial, cela ne vous paraît-il pas bien téméraire vu ce dont est capable la sélection ? Il est vrai que l’opération n’apparaît pas sans risques, surtout en terme de rentabilité. Pourtant, il n’en est rien pour trois raisons. Tout d’abord, l’opération est limitée dans le temps — 12 au 30 novembre 2005 pour l’achat et 12 au 15 juillet 2006 pour le remboursement — et en quantité — 1.500 à 2.000 maillots, à raison de 65€ par maillot. En clair, le budget “remboursement” maximum est compris entre 97.500 et 130.000 euros.
Deuxio, Made in Sport a probablement souscrit une assurance, celle-ci étant inclue dans le prix du maillot. Pendant sept mois (de décembre à juillet), l’argent aura tout le temps de faire des petits.
Enfin, l”explication la plus probable est sans doute aussi la plus simple : nombreux seront les acheteurs qui auront oublié leur motivation première à l’achat. Quand bien même ils ne l’auraient pas oubliée, une minorité seulement devrait se présenter pour obtenir le remboursement de leur maillot.
En tous les cas, saluons Made in Sport qui, pour sa première campagne autour de la Coupe du Monde 2006, commence très fort.

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En savoir plus : Champion du Monde ou remboursé
Crédit photo : Pierre Andrieu/AFP

Puma Football : +10% en 2006 grâce à la Coupe du Monde ?

PumaPuma, par la voix de son PDG Jochen Zeitz, déclare viser une augmentation d’au moins 10% de son activité football grâce à la Coupe du Monde qui se déroulera en Allemagne du 9 juin au 9 juillet 2006. Troisième équipementier dans le football, Puma entend “réduire l’écart” face aux leaders Nike et Adidas.

Cette déclaration fait suite à l’annonce des résultats financiers du troisième semestre 2005 : bénéfice net à 92 millions d’euros (+11,5%). De son côté, Adidas a annoncé 209 millions (+28,2%). Les deux groupes ont profité de la forte croissance des marchés américain et asiatique. A six mois de la Coupe du Monde, Adidas et Puma, qui joueront à domicile, multiplient les annonces prometteuses en termes de vente. Le premier événement sportif mondial devrait dynamiser le marché des articles de sport pour peut-être relancer la croissance en Europe.

Puma : quel sponsoring dans le football ?

Si l’équipementier allemand possède un portefeuille relativement large — 22 clubs et 14 sélections nationales — il n’en reste pas moins que, quelques équipes (re)connues mises à part, il cherche toujours à créer le décalage. On se souvient du sponsoring de l’équipe d’athlétisme de la Jamaïque ou encore des Lions indomptables du Cameroun, et des campagnes de communication qui en ont découlées.

Les clubs
France : AS Monaco, FC Metz, FC Girondins de Bordeaux, OGC Nice
Italie : SS Lazio Rome
Angleterre : Fulham FC
Allemagne : VfB Stuttgart, Hamburger SV
Portugal : Boavista FC
Pays-Bas : FC Utrecht
Suède : Malmö FF, Helsingborgs IF
Argentine : Club Atletico Colon, GELP, Club Atletico Talleres, Club Atletico Rosario Central
Colombie : Deportivo Independiente Medellin
Brésil : Grêmio
Etats-Unis : Chicago Fire
Japon : Jubilo Iwata, Oita Tinita, Shimizu S-Pulse

Les sélections nationales
Déjà qualifiées : Italie, Pologne, Paraguay, Tunisie, Togo, Côte d’Ivoire, Ghana, Arabie Saoudite et Iran
Qualification encore possible : République Tchèque, Suisse
Eliminées : Autriche, Bulgarie, Cameroun

Puma en quelques chiffres

Bénéfice net 2004 : 1,530 millions d’euros.
Répartition par activité :
- Chaussures : 66.1 %
- Vêtements : 27.2 %
- Accessoires : 6.7 %

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En savoir plus : Le site corporate Puma, Puma Football, Allemagne 2006