Archive for Clubs, fédérations

BNP Paribas et le tennis : un partenariat exclusif

BNP ParibasLe Master Series de Monte-Carlo et la Fed Cup. Deux événements majeurs du tennis mondial qui se sont achevés ce week-end et dont la banque BNP Paribas est devenue sponsor il y a moins d’un an. Ces investissements en sponsoring complètent la large panoplie d’événements sportifs que compte le groupe bancaire dans le tennis : les grands tournois professionnels – ATP et WTA, Master Series, Roland Garros, Coupe Davis – et les compétitions internationales chez les juniors. Contrairement à la plupart des multinationales qui investissent dans différents sports afin de toucher différents publics, BNP Paribas fait le choix d’une stratégie exclusive dans le tennis qui d’ailleurs ne se limite pas aux seuls partenariats événementiels. La banque est en effet présente localement à travers la FFT, les clubs, le tennis universitaire. De plus, elle développe le volet social de son action dans le tennis en soutenant des projets tels que « Fête le mur », l’association de Yannick Noah, et le handisport.

Le tennis, élément-clé de la communication

L’engagement de la marque dont la durée (plus de 30 ans) et la puissance (« tous les tennis ») sont inédites dans le secteur du sponsoring, fait qu’aujourd’hui BNP Paribas ne se conçoit pas sans le tennis et que le tennis ne se conçoit pas sans BNP Paribas. Ainsi, en 2000, c’est à Roland Garros que le groupe présentait au monde entier son nouveau logo. Du côté des fédérations et des organisateurs de tournoi, la légitimité et l’impact financier d’un partenaire tel que BNP Paribas constituent un véritable atout.
Pourtant, le tennis pourrait à terme pâtir de l’omniprésence de la banque et d’un manque de renouvellement de ses partenaires majeurs. Mais force est de constater qu’aucun partenaire se semble prêt financièrement et humainement à investir massivement dans le tennis. Pendant ce temps-là, BNP Paribas entend bien démontrer que le tennis est sa « chasse gardée » comme en témoignent ses récentes « acquisitions ».

Le Blog du sponsoring sportif

CAN 2006 : à l’heure de la médiatisation

La retransmission sur TF1 de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), qui opposait l’Egypte à la Côte d’Ivoire, a rassemblé 4,2 millions de téléspectateurs, soit plus de 30 % de PDM, avec un pic à 9,4 millions lors des tirs au but. Le public français a donc largement répondu présent à l’événement majeur du football africain. La présence de joueurs médiatisés et talentueux (Drogba, Eto’o…) ainsi que l’importance de la filière africaine dans les clubs de Ligue 1 sont des éléments d’explication.

Si l’on peut tirer un bilan de cette CAN 2006, on se souviendra d’un “excellent niveau d’ensemble technique, tactique et physique” dixit Roger Lemerre — qui laisse espérer de belles choses en Allemagne –, d’un arbitrage parfois aléatoire, d’un programme de partenariats intéressant mais avec une marge importante — les sponsors étaient MTN, EgyptAir, BlueSky, Tamoil, Canon, LG — et d’un public présent et en délire pendant les matches des Pharaons égyptiens.

En revanche, le gros point noir réside dans le manque de spectateurs lors des matches où ne participait pas l’Egypte, c’est-à-dire la majorité des matches. En termes de médiatisation, l’image de tribunes vides est évidemment très mal vue par les sponsors. L’armée a même été réquisitionnée pour “remplir” le stade…
En tous les cas, les aspects marketing, billetterie et promotion de l’événement sont clairement les axes de développement pour les futures Coupe d’Afrique.

Le Blog du marketing sportif

En savoir plus : CAN - Egypte 2006

Je te défie sur widiwici !

Chers lecteurs, je vous propose aujourd’hui un focus sur un projet innovant dans la mouvance du web 2.0, widiwici. En offrant à ses membres la possibilité de se lancer des défis sportifs, ce site Internet se veut “un lieu de partage de toutes les passions sportives et de loisirs.”
Interview avec Benoît Mouren, l’un des fondateurs de widiwici.

1. Comment l’idée vous est-elle venue ?
“Nous sommes deux à l’origine de ce projet. Arnaud Latourrette, développeur de plateformes web m’a parlé de plusieurs projets de création d’activité qu’il avait depuis un moment sans avoir sauté le pas. Parmi ses idées, une a particulièrement retenu mon attention, celle d’un site web de défis sportifs. Je me passionne pour la nouvelle vague du web, communément appelée web2.0 qui donne le pouvoir aux gens. Le web1.0 c’était l’e-commerce, le web 2.0 c’est les gens. On est en train d’assister à l’émergence d’une culture de la participation. Le meilleur exemple c’est les blogs qui sont en train d’exploser, du podcasting dont l’usage se développe de manière exponentielle aux Etats-Unis en ce moment. Les logiciels sociaux dont le principe est de mettre en ligne son réseau relationnel ont suscité un intérêt très fort en 2003/2004. Le soufflé retombe un peu en ce moment. Un site comme friendster, un des pionniers, connaît de grandes difficultés. Linked-in a réorienté son business model vers le recrutement. La raison ? Elle est simple : mettre en ligne son réseau n’a aucun intérêt en soit si on n’explique ce qui unit les 2 personnes. Comme l’explique très bien Jyri Engeström, sociologue finlandais, la valeur d’un réseau, c’est le lien et la qualité du lien. Il faut que les 2 personnes partagent quelque chose. Ce quelque chose, c’est “l’objet social”. Cela explique le succès très fort de flickr par exemple, racheté en mars 2005 par Yahoo qui compte plus de 3 millions de membres actuellement. Dans ce cas, l’objet social est la photo sur laquelle les gens entament des conversations et tissent des liens. Dans le cas de widiwici, l’objet social est le sport, activité fortement sociale… Le sport tout seul c’est bien, mais c’est surtout une activité qui se partage.”

2. Quel est votre business model ?
“Notre business model s’appuie sur 3 piliers. Le 1er est que widiwici constitue un outil marketing très puissant. C’est une communauté aux valeurs très fortes, valeurs de partage, de saine émulation, le sport comme source d’équilibre, de découverte de soi et des autres. Les challengers (les membres de widiwici) se connectent notamment lors de la préparation de leur activité sportive pour trouver un partenaire ou juste après pour entrer le résultat du défi. Ce sont des moments privilégiés pour qu’une marque qui a quelque chose de pertinent à leur dire puisse le faire… Nous avons un outil de profiling très puissant. Les challengers ont tout intérêt à bien remplir les sports qu’ils pratiquent, où ils les pratiquent pour tirer le meilleur parti du service. Ainsi, on peut très bien choisir d’adresser un message à une population très précise par exemple les hommes de 30 à 45 ans qui pratiquent le tennis, le golf et la plongée qui résident en région lyonnaise et partent régulièrement en week-end en Savoie en hiver. Le profiling se base sur du réel, du comportemental, pas du déclaratif invérifiable comme cela existe dans les enquêtes marketing où on vous demande si vous aimez le bricolage, le cinéma ou la bourse….
widiwici est entièrement gratuit pour permettre une diffusion rapide. Nous souhaitons néanmoins mettre en place des services “plus” payants sous forme d’un abonnement de 2€ par mois pour les plus gros utilisateurs notamment dans le domaine de la publication des vidéos de défis.
Nous avons aussi une offre de produits et de services comme la vente de vêtements et de goodies, ainsi qu’une offre (pas encore en place) d’assurance. L’idée est de proposer des assurances pour la pratique multisport. D’autres pistes sont également en cours d’évaluation. Nous avons une politique de respect de la vie privée très forte. Les challengers paramètrent les messages que nous leur envoyons (alertes par exemple lorsqu’ils sont défiés) et peuvent choisir de ne recevoir aucun message. Nous ne vendrons ou ne louerons ou cèderons jamais d’aucune manière notre base de données d’adresses à qui se soit sauf si le challenger le demande. Les messages s’affichent de manière contextuelle sur les pages du site que les internautes consultent. Il faut remarquer que le temps moyen de consultation du site est 11 minutes, ce qui est beaucoup pour un site web.”

3. Pouvez-vous détailler votre campagne de communication ?
“Notre modèle de diffusion est viral. Nous contactons des communautés existantes : grandes écoles, universités, fédérations sportives et clubs pour leur offrir nos services. Nous contactons également des “contaminateurs”, sportifs connus ou leaders dans des groupes (teams de skieurs, snowboarders en ce moment). Nous montons des partenariats avec des communautés qui partagent nos valeurs comme allosurf, site de covoiturage spécialisé dans les sports de glisse. Nous organisons également des événements en stations de sports d’hiver (Villard Reculas la semaine dernière, le Grand Bornand début mars) ou ailleurs.”

4. Quels sont les résultats jusqu’à présent et vos prévisions ?
“Les résultats sont très prometteurs, le concept rencontre un vif enthousiasme et certains membres sont devenus complètement accros. Mais comme tout nouveau concept et communauté naissante, la phase d’apprentissage peut être longue et certaines personnes ont besoin d’être “prise par la main” avant de devenir autonomes et agent de propagation de widiwici. Nous avons environ 360 membres et 1000 pages vues par jour en 2 mois d’activité “officielle”. Nous cherchons actuellement des annonceurs-partenaires qui comprennent tout le potentiel de ce concept et y voit un intérêt stratégique pour leur marque dans une optique relationnelle et qui sont prêt à s’associer à widiwici avant même que nous ayions atteint la masse critique qui attirera tous les annonceurs.”

Propos recueillis par Julien Hermetet.

Le Blog du marketing sportif

En savoir plus : widiwici - le site, widiwici - le blog

Ligue 1 : Orange a les droits !

Suite à l’appel d’offres concernant les droits mobiles de la Ligue 1 et Ligue 2, Orange remporte les deux lots :“un premier lot relatif à la diffusion d’extraits des matches en quasi-direct et en léger différé et un deuxième lot relatif à des magazines portant sur des résumés des matches et des best of” (source : LFP).

En concurrence avec SFR et eTF1, la Ligue de Football Professionnel a préféré l’offre financière d’Orange, plus conséquente. Le montant global des droits mobiles équivaut à 29 M€ par an et couvre la Ligue 1 (2006-07 et 2007-08) et la Ligue 2 (2006-07). Les enchères pour les lots 1 et 2 ont respectivement été de 24 et 5 M€.

Le Président de la LFP, Frédéric Thiriez, se félicite de cette inflation des droits qui permet à la France de se mettre au niveau de ses partenaires européens. Par exemple, en Angleterre, les droits mobiles pour la Premier League atteignent les 30 M€ annuels.

Pour Orange, l’acquisition des droits est essentielle pour promouvoir son offre de services mobiles et attirer de nouveaux clients. Et le football, notamment la Ligue 1, est un beau produit. Enfin, n’oublions pas que SFR possède les droits de l’Equipe de France, ce qui constitue un argument de vente dans l’optique de la Coupe du Monde en Allemagne.

Le Blog du marketing sportif

Le p’tit + : Pour faire le point sur les nouveaux médias et leurs enjeux (applications, business model…), je vous invite à lire l’article “Télévision mobile : enjeux et perspectives”. Et allez donc bloguer chez Services Mobiles et Serial Wireless pour en savoir plus.

En savoir plus : Orange, LFP

Canal+ / TPS : un mariage de raison

Dans un entretien accordé le 15 décembre 2005 à l’Est Républicain, le Président de la Ligue de Football Professionnel (LFP), Frédéric Thiriez, est revenu sur l’un des principaux dossiers en cours.

Alors que les actionnaires de Canal+ et TPS réfléchissent à une fusion des deux bouquets satellites, M. Thiriez considère ce possible rapprochement comme “logique” compte tenu de la concurrence des nouveaux entrants — les fournisseurs d’accès à Internet et les opérateurs de télécoms. Rappelons à ce sujet que, l’an passé, lors de la procédure d’appel d’offres des droits TV de la Ligue 1, France Télécom avait déjà déposé un dossier de candidature. Face à cette nouvelle concurrence, “la fusion des bouquets est d’une logique industrielle indiscutable”.

Quant à une probable baisse des droits — on se souvient qu’en 2004, la concurrence féroce entre les deux bouquets avait contribué à une surenchère des droits finalement décrochés par Canal+ (droits TV 2005-2008 à raison de 600 millions d’euros par saison), surenchère bénéfique pour les clubs professionnels et du monde amateur puisqu’elle constitue l’essentiel de leur financement –, le Président reste optimiste et assure que la LFP “continuera à défendre énergiquement ses droits”. En fait, la concurrence semble simplement s’être élargie et déplacée sur le terrain des nouveaux médias.

Le Blog du marketing sportif

En savoir plus : LFP, Canal+, TPS
Crédit photo : AFP

Le PMU parie sur le rugby

PMU / RugbyL’entreprise de paris hippiques a signé un contrat de partenariat avec la Ligue nationale de rugby (LNR). Pendant trois ans, le PMU sera partenaire officiel du Top 14 et Pro D2 au même titre que la Société Générale et la GMF, partenaires historiques du rugby.

Avec cet accord, le PMU va pouvoir faire d’une pierre deux coups : il ajoute un nouveau sport et un nouvel événement à son portefeuille déjà fourni. Omniprésent sur le Tour de France — partenaire officiel du Maillot Vert, caravane publicitaire, relations publiques –, le Pari Mutuel Urbain est également fournisseur officiel à Roland Garros. D’autre part, il profite d’un sport qui gagne en popularité et en médiatisation, à moins de deux ans de la Coupe du Monde en France (Lire l’article : “Allez au contact !”).

Lors de ses événements, le PMU capte l’attention d’un large public en organisant des concours de pronostics en rapport avec le sport sponsorisé (tennis, cyclisme). S’il ne s’agit pas à proprement parler d’une diversification, ce type d’opération pourrait cependant être amené à s’intensifier ou se développer dans certains sports… comme le rugby. On pourrait alors imaginer un Cote & Match version PMU. Pas sûr que cela soit du goût de son (seul) concurrent, la Française des Jeux.

Le Blog du marketing sportif

A lire : Le Stade Français fait son show
En savoir plus : Les partenaires de la LNR, Le sponsoring du PMU

Lyon : un Roi populaire

D’après un sondage CSA/Le Parisien, l’Olympique Lyonnais fait l’unanimité : largement plébiscité par les Français (26%) en notoriété spontanée, il devance pour la première fois les deux frères ennemis — l’Olympique de Marseille et le Paris St Germain — qui obtiennent respectivement 24 et 16% des suffrages.

Après les succès sportif et commercial, le succès populaire

Cette préférence populaire en faveur du club rhodanien est une grande première. Longtemps, l’OL a souffert d’un déficit de popularité malgré des performances régulières en Championnat de France et dans les compétitions européennes. Aujourd’hui, ce sont justement la “stabilité dans la performance” ainsi qu’une forte crédibilité européenne qui justifient son estime, selon le président Jean-Michel Aulas. L’Olympique Lyonnais bénéficie en effet d’un large soutien à la fois intergénérationnel (hommes, étudiants) et interprofessionnel (CSP + et -).

Les résultats de ce sondage sont d’autant plus encourageants pour l’OL que les moins de 18 ans n’ont pas été pris en compte. Or, une large majorité d’entre eux supporte les Gones. Ces jeunes supporters n’ont pas connu les années de gloire de l’OM — Champion de France de 1989 à 1993, Vainqueur de la Ligue des Champions en 1993. Ainsi, contrairement aux aficionados “adultes”, Lyon est leur club de référence.

Référence, l’Olympique Lyonnais l’est également en gestion de club : marketing, sponsoring, merchandising… Premier budget de Ligue 1 avec plus de 90 Mio €, l’OL reste néanmoins un petit poucet face aux géants européens — Manchester United : 248 Mio €, Real Madrid : 226 Mio €, sans oublier la Juventus de Turin, le Milan AC et Chelsea qui tournent à plus de 200 Mio €. Dans le cadre de son développement, l’OL doit négocier deux dossiers particulièrement importants : un projet de stade — 55.000 places (42.000 actuellement) — et une possible introduction en Bourse du club.

Le Blog du marketing sportif

A lire : L’OM, « vache à lait » du football français
En savoir plus : OL - site officiel / Crédit photo : OL