Sport et internet (épisode 2) : le sport loisir, un marché prometteur ?

 

Le Sport Loisir : un marché prometteur ?

Après une première partie consacrée à l’univers “sport” dans son ensemble et à un focus sur les sites médias, nous nous intéressons ici au “sport loisir”, c’est à dire aux sites liés à la pratique sportive. Nous tenterons de faire le point sur ce marché et d’en dresser les enjeux & perspectives.

Le “sport loisir” faiblement représenté en termes d’audience

La majorité des sites de sport se concentre sur la couverture éditoriale des grands événements, ainsi que de quelques sports surmédiatisés dont le football se taille la part du lion. C’est en effet là que se trouve, jusqu’à présent du moins, l’audience. Pour preuve, le premier site dédié à la pratique sportive émarge seulement à la 32ème place. Il s’agit du site le-sportif.com qui rassemble à peine 300 000 visiteurs uniques. D’une manière générale, il existe une vraie galaxie de sites spécialisés sur le football (Football.fr, Francefootball.fr, Maxifoot.fr, Lephoceen.fr…), le rugby (Itsrugby.fr, Rugbyfederal.fr…), le vélo (Velo101.com, Velovert.com…), la course à pied (courseapied.net, espritrunning.com…) et le surf (viewsurf.com), mais comptant une audience relativement faible. Fait intéressant : parmi ces sites spécialisés, seule une très faible proportion traite de la pratique sportive et non du suivi de compétitions sportives.
Plusieurs sites avec une approche mixant contenus générés par les utilisateurs et réseau social existent déjà (Widiwici.com, Wanasport.com), d’autres se sont lancés récemment (1001sportifs.com, Sportissimo.fr). Pourtant, ces sites ne remontent pas (encore) dans le classement mensuel réalisé par Nielsen.

Le “sport loisir” : un marché prometteur ? un vivier d’audience ?

Plusieurs raisons laissent à penser qu’il existe un réel potentiel d’audience pour les sites répondant aux attentes des sportifs amateurs. Aujourd’hui, près de 30 millions de Français déclarent pratiquer une activité sportive, en club ou en individuel, soit 47% de la population. La cible est donc suffisamment large (1 personne sur 2) pour autoriser des ambitions en termes d’audience web.
Deuxièmement, si l’audience de l’univers “sport” est en partie conjoncturelle avec des franchissements de palier lors de grands événements sportifs, elle est également mécanique avec la progression de l’initialisation (taux d’équipement de l’accès à Internet). Dans le même ordre d’idées, la plateforme Overblog a dépassé en 2009 le leader historique Skyrock dans l’univers des “Blogs”. Un des éléments ayant permis ce renversement est lié au fait que Skyrock cible principalement les adolescents, voire les jeunes adultes (12-24 ans) quand Overblog adresse les plus de 15 ans ; ce dernier bénéficie donc de l’initialisation plus forte sur une cible large.
Enfin, avec la féminisation du profil sur le web français – 51% de femmes en octobre 2009 Vs. 49% en juillet 2008 et surtout une progression en volume de +20% sur 15 mois –, on peut parier sur une poursuite de cette tendance, certes moins forte, sur la thématique sportive qui viendrait nourrir l’audience des sites dédiés à la pratique du sport loisir ; la cible féminine étant notamment friande d’informations, de contenus UGC et d’outils participatifs comme en témoigne le succès de sites tels que Aufeminin et Doctissimo dans les domaines du magazine féminin et de la santé.

Il sera intéressant d’observer dans les mois à venir l’évolution de l’offre “sport loisirs”. Verra-t-on la création ex nihilo de sites généralistes ou spécialisées sur un sport ? Les médias leaders sur la thématique créeront-ils et valoriseront-ils le “sport loisir” pour les pratiquants via une brique dédiée sur leur vaisseau amiral ? En tous les cas, la pertinence des contenus et des services proposés sera cruciale afin de répondre parfaitement aux besoins des internautes et de développer l’audience.

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Lire le premier épisode : les sites médias et la bataille de l’audience

Sport et internet (épisode 1) : les sites médias et la bataille de l’audience

 

Les marques médias dans l'univers du sportComment segmenter l’univers du sport sur Internet ? Quelles sont les marques leader ? Quelles tendances semblent se dégager ? Quelles peuvent être les évolutions à venir ? C’est à ces questions que nous tenterons d’apporter des réponses.

D’après le panel Médiamétrie Nielsen NetRatings qui réalise la mesure d’audience user-centric grâce à ces 24 000 panélistes et dont les chiffres sont référents pour le marché publicitaire, la France comptabilise 36,3 millions d’internautes en octobre 2009. La thématique “Sport” couvre, à elle seule, 46% de la population connectée (16,9 millions). C’est, par exemple, plus que la “Musique” (43% de couverture), mais moins que les “Actualités” (62%) et la “Vidéo / Cinéma” (63%).

Le sport, un univers concurrentiel

L’univers “sport” compte 109 sites Internet. A des fins d’analyse, nous utiliserons deux approches pour segmenter cet univers. Si l’on procède à une segmentation en fonction du niveau d’audience, on note que 12 sites disposent d’une audience supérieure à 1 million de visiteurs uniques mensuels, 6 sites d’une audience comprise entre 500 000 et 1 million de VU, 66 sites entre 100 000 et 500 000 VU et 23 sites avec moins de 100 000 VU. Si l’on prend le postulat réaliste qu’un site web est “visible” publicitairement parlant à partir d’un million de visiteurs uniques, seuls 11% des sites de la thématique franchissent cette barrière. La tendance est identique sur “Vidéo / Cinéma” (9%) et a fortiori “Musique” (5%) où un faible pourcentage de sites est capable d’émerger dans les thématiques, contrairement à “Actualités” (26%) où 25 sites se livrent une féroce bataille de l’audience.

Les sites médias généralistes dominateurs dans la course à l’audience

Une deuxième segmentation est possible en s’intéressant à la typologie des sites. On observe que les médias généralistes surpondèrent largement leur représentation. En effet, ils comptent près de la moitié de l’audience cumulée (49%) de la thématique alors qu’ils ne concentrent que 21% des sites de l’univers. Cette analyse est également valable, dans une moindre mesure, pour le e-commerce (15% de l’audience cumulée pour 12% de sites). A contrario, les sites institutionnels (fédérations, ligues et clubs), les médias spécialistes et les sites de services voient leur poids en volume de sites sous-représenté par rapport à leur audience cumulée. Chiffres éloquents : 94% des médias spécialistes réalisent une audience inférieure à 500 000 visiteurs uniques mensuels lorsque 69% des sites dépassant le million d’internautes sont des médias généralistes.

L’Equipe et Eurosport, leaders de l’univers “Sport”

Si l’on fait maintenant un focus sur le haut du classement Nielsen, on constate la présence de 12 sites médias au sein du Top 20 : 10 généralistes – 2 marques plurimédia avec L’Equipe et Eurosport ; 4 marques pure player avec 365 / Sportweek, Sport 24, Sports.fr et Sport.fr ; 6 rubriques de portails avec Orange, Yahoo !, Dailymotion, MSN, L’Internaute et Le Figaro – et 2 spécialistes – dans le football et le hippisme avec respectivement Football.fr et Paris Turf. Le e-commerce et la distribrution sont bien représentés avec 4 acteurs majeurs : eBay Sports, Decathlon, Made in Sport et Intersport. Le site de la Fédération française de football est le premier site institutionnel (7ème rang). A noter que le site OM.net est le premier site de club en audience (23ème rang).

Avec 4,8 millions de visiteurs uniques, Lequipe.fr est le leader incontesté de la thématique “sport” devant Eurosport.fr (2,5 millions) et Orange Sports ((2,3 millions). Pourtant, la marque emblématique du groupe Amaury compte une audience en valeur moindre que les leaders d’autres catégories. Par exemple, Le Figaro est leader de la thématique “Actualités” avec 6,1 millions d’internautes devant Le Monde (5,1 millions). De même, Deezer écrase la catégorie “Musique” avec 6 millions de VU devant Dailymotion Music (3 millions). Allociné domine sans partage le “Cinéma” avec 6,5 millions d’utilisateurs devant L’Internaute Movies (1,5 millions).

Contrairement aux sites féminins où les pure players trustent les premières places (Aufeminin, L’Internaute Women, Plurielles), ce sont deux marques média venant de la presse écrite pour l’un, et de la télévision pour l’autre, qui sont aux commandes. L’Equipe et Eurosport disposent, tous deux, d’une valeur média, d’une expertise journalistique et de moyens qui leur permettent de tenir ce rang face aux pure players. On peut d’ailleurs faire ce même constat pour les sites d’information où ce sont bien les marques média référentes (Le Figaro, Le Monde) qui font la course en tête.

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Lire le deuxième épisode : le sport loisir, un marché prometteur ?

Les cosmétiques se mettent au sport (partie 1) : les cas Airness-L’Oréal et Fragrance Sport

 

Depuis quelques années, les marques de sport et de cosmétique investiguent de plus en plus leurs territoires respectifs. Pour les équipementiers sportifs (adidas, Airness…), il s’agit de diversifier leurs revenus grâce à une activité annexe, gérée en parallèle de la création et la distribution d’équipements sportifs ; la cible étant les mêmes consommateurs, à savoir les pratiquants de sports. Dans le cas des parfumeurs (Chanel, Dior, Lanvin…) et des groupes de cosmétiques (L’Oréal…), l’objectif est de proposer une déclinaison “sport” de leurs produits, en intégrant un positionnement haut de gamme, voire de luxe : “Allure Homme Sport” de Chanel, “L’Homme Sport” de Lanvin, “Dior Homme Sport”. Etudions plus précisément deux exemples intéressants : l’association d’un équipementier à un groupe de cosmétiques et le cas d’un créateur / distributeur.

Le cas Airness - L’Oréal

Eau de toilette AirnessAu printemps 2008, la marque de sport Airness s’est associé avec L’Oréal, numéro un mondial du secteur, pour pénétrer le marché des cosmétiques. Fondée en 1999 par Malamine Koné, l’équipementier français a lancé une gamme d’eaux de toilette et de déodorants en bénéficiant de l’expertise de L’Oréal sur les produits, le marketing et la distribution. Visant une cible masculine et jeune, les produits cosmétiques Airness sont distribués en grandes surfaces à un tarif abordable (17,45€, le parfum (75 ml). Airness - L’Oréal symbolise à la fois la rencontre de deux univers — le sport et les cosmétiques — et de deux marques emblématiques, expertes dans leur domaine — le sport & le lifestyle et le licensing & la distribution.

Le cas Fragrance Sport

Eau de toilette OffensifA l’occasion du Salon international de la parfumerie à Dubaï en juin 2009, la société Fragrance Sport a dévoilé en avant-première son nouveau parfum à destination de la cible masculine. Baptisée “Offensif”, cette eau de toilette dont le flacon innovant est en forme de ballon de football s’adresse tout naturellement aux passionnés de football et de sport en général. Fort de ce packaging original et d’une création française haut de gamme, Fragrance Sport établit une nouvelle passerelle entre les mondes du sport et du luxe. Fort d’un prix public relativement élevé (55€, le flacon de 100 ml) et d’une distribution sélective, “Offensif” se positionne sur le terrain du sportif élégant tout en capitalisant sur la popularité du football.

Ainsi s’achève le premier article consacré à la série “Cosmétiques & Sport”. Dans de prochains articles, nous aborderons le cas de marchés de niche et décrypterons des exemples réussis de sponsoring sportif.

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Les chiffres-clé du sponsoring sportif

 

Renault et ING

Combien coûte le sponsoring maillot d’une grande équipe de Ligue 1 ? Quel est le ticket d’entrée pour devenir le partenaire majeur d’une écurie de Formule 1 ? Afin de répondre à ces questions, l’institut TNS Sport spécialisé dans les problématiques liées au sport business a réalisé une étude publiée en début d’année 2009. En voici les principaux résultats classés par budget décroissant sur une base annuelle :

  • Formule 1 : 50 millions d’euros pour le partenaire majeur d’une écurie
  • Rallye : 8 millions d’euros pour le partenaire majeur d’une écurie
  • Cyclisme : 8 millions d’euros pour le partenaire titre d’une équipe française
  • Football : 6 millions d’euros pour le partenaire maillot d’une équipe phare de Ligue 1
  • Rugby : 3,5 millions d’euros pour le partenaire majeur du XV de France
  • Voile : 3,2 millions d’euros pour le partenaire principal d’un maxi multicoque
  • Tennis : 3 millions d’euros pour le top partenaire du tournoi de Roland Garros
  • Athlétisme : 1 million d’euros pour le partenaire majeur de la Fédération française
  • Handball : 800 000 euros pour le partenaire officiel de la Fédération française
  • Natation : 300 000 d’euros pour le partenaire maillot d’une équipe phare de Ligue 1

Dans un prochain article, nous approfondirons cette grille tarifaire grâce à une comparaison à l’échelle internationale. Puis nous dépasserons le simple cadre budgétaire pour aborder la problématique d’efficacité du marketing sportif et étudier le retour sur investissement.

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Les relations publiques à Roland Garros : le baromètre de l’activité économique

 

Roland Garros

Si la crise économique et financière touche une majeure partie des secteurs d’activités, il est intéressant d’étudier son impact dans celui du sport business, à travers un événement d’actualité : Roland Garros, deuxième tournoi du Grand Chelem de la saison.

Aujourd’hui, le “French” est l’un des plus rentables malgré une forte concurrence et un stade à “aménager”. Pourtant, la crise n’a en rien bouleversé le modèle économique mis en place par la Fédération Française de Tennis. Ceci s’explique essentiellement par la fidélité des sponsors mais également le dynamisme apporté par la billetterie et les relations publiques. Côté sponsoring, l’événement tennistique se démarque en offrant une visibilité accrue et veillant à limiter la multiplication des sponsors, contrairement au football, qui, dans certains cas, est prêt à accumuler une “pyramide” de sponsors, quitte à y perdre en visibilité. En effet, les sponsors (BNP Paribas, Adidas, Afflelou, Lagardère, Lacoste par exemple) restent fidèles et sont liés par des contrats établis sur plusieurs années. Pour cette nouvelle édition, on a pu remarquer que peu de mouvements avec notamment le retrait d’Avis et le remplacement d’Adecco par Proman, ainsi que d’Algeco par Touax. Cette initiative s’accorde avec la stratégie mise en place par la FFT visant à réduire le nombre de partenaires mais à augmenter la contribution financière de chacun d’entre eux. Cette année, la FFT réalisera un chiffre d’affaires sensiblement équivalent à celui de l’année passée (120 millions d’euros environ).

Côté marketing, les droits TV restent élevés et le tournoi n’est pas dépendant des recettes média. Les droits de télévision rapportent eux près de 15 millions d’euros pour la France et le contrat aujourd’hui détenu par France Télévisions ne sera remis en jeu qu’en septembre, grâce à un appel d’offres qui pourrait, pour la première fois, être constitué de plusieurs “lots”. Canal Plus sera très certainement de la partie, en vue de renforcer sa présence sur les Grands Chelems ; la chaîne détenant notamment les droits TV des tournois de Wimbledon, US open et Paris-Bercy. Les objectifs de billetterie seront également atteints voire dépassés .

À l’ombre des courts, alors que les champions échangent des balles sur la terre battue de Roland-Garros, les affaires continuent. A ce sujet, il est opportun d’étudier cette tendance sur cet événement à travers le prisme des relations publiques.

Les Internationaux de France de tennis sont un rendez-vous incontournable pour les relations publiques d’un annonceur. C’est aussi une source de recettes non négligeable pour la Fédération Française de Tennis, organisatrice de l’événement. Avec un chiffre d’affaires de plus de 30 millions d’euros, la vente de prestations de relations publiques représente un tiers du budget du tournoi. Au total, quelque 70 000 VIP profitent des invitations de plus de 500 entreprises et les plus importants partenaires bénéficient d’une des 20 tentes installées dans le “village”, emplacement prestigieux et onéreux. Les petites entreprises peuvent également trouver un produit adapté et inviter quelques clients pour une seule journée. Ainsi, une prestation moyenne, incluant notamment le billet et le déjeuner, est facturée environ 640 euros. Au total, on compte jusqu’à 13 sites, répartis dans l’enceinte de la Porte d’Auteuil et consacrés pour ces opérations de RP, dont l’importance grandit chaque année.

Véritable élément du mix-marketing, les relations publiques sont d’une vraie utilité car souvent placées au centre de la stratégie de communication des politique sponsoring mises en place par les marques.

Toutefois, on observe une réelle morosité dans ce domaine, comparé aux années précédentes. Dans une situation difficile, le secteur connait un fort recul de l’activité et les agences enregistrent une baisse de chiffre d’affaires comprise entre 20 et 50%. En ces temps de crise, les chefs d’entreprises ne veulent pas d’opérations relations publiques trop ostentatoires, mais des dispositifs de relations publiques à l’économie. Par conséquent, certaines prestations de relations publiques haut de gamme éprouvent plus de difficultés à trouver preneurs que les années précédentes. C’est notamment le cas des loges plus chères, pour les demi-finales et la finale.

Si les entreprises s’engagent moins dans ce type d’initiative, on peut y voir plusieurs raisons :

D’une part, certaines entreprises sont très affectées par la crise et elles ne consacrent plus de budget à cette démarche. D’autre entreprises sont inquiètes pour l’avenir et restreignent leurs budgets. En revanche, d’autres entreprises sont encore en bonne santé, mais veulent acheter la paix sociale en n’affichant pas aux yeux de leurs collaborateurs des dépenses qui sont souvent mal comprises.

Pour autant, on note une restriction des budgets chez les sponsors et chaque marque tente de réaliser les économies adéquates, sur des frais jugés peu nécessaires et coûteux malgré cela. Les économies portent sur la personnalisation de l’accueil, la qualité des repas, du champagne, mais aussi sur les déplacements organisés par les collaborateurs qui viennent des régions ou de l’étranger. Chaque marque est donc libre et arbitre en fonction de ses priorités et de son budget. Alors que beaucoup d’entreprises coupent les budgets superflus ou même réduisent leurs effectifs, le temps est davantage à montrer davantage de solidarité, de valeurs d’éthique plutôt que de sortir les coupes de champagne et les petits fours pour séduire ses partenaires économiques. En période de crise, les entreprises doivent faire preuve d’une responsabilité “morale”. L’heure est aux économies et à la discrétion sur des dépenses dont les salariés ne comprennent pas toujours l’utilité commerciale. Quand bien même elles ne connaîtraient pas la crise, les entreprises jouent la prudence ou la discrétion. Beaucoup d’entreprises ont, par ailleurs, réduit le nombre d’invitations, en se concentrant uniquement sur des contacts de haut niveau, présidents ou directeurs généraux, de leurs clients ou leurs prospects.

Ce phénomène n’est pas propre à Roland Garros et à son modèle économique, même si Wimbledon, qui dispose de peu de sponsors, vend ses packages RP à des prix plus conséquents.

Les comportements varient-ils selon la taille des entreprises ?

On observe que les PME maintiennent plus souvent leurs dispositifs, car les patrons réussissent mieux à expliquer l’utilité économique des opérations de relations publiques qu’ils mènent. Certains groupes du CAC 40 ont eux plutôt tendance à faire profil bas et à être “socialement corrects”. S’il est difficile de demander à ses collaborateurs de moins voyager, de réduire les notes de frais et de ne plus inviter tous leurs clients à Roland Garros, il ne faut pas pour autant négliger le rôle et la portée des relations publiques. Cette forme de communication très utile commercialement constitue un outil relationnel fort, à l’heure où la relation professionnelle à besoin de proximité pour pallier les modes de communication virtuels tels que la messagerie email.

L’avenir des RP n’est donc peut être pas si “noir” et pourrait profiter de la fin de la crise pour repartir sur de bonnes bases….

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Sportweek : la nouvelle marque unique des supports papiers et numériques de Sport & Myfreesport

 

SportweekLancé à l’automne 2003 en version mensuelle, puis en version hebdomadaire au printemps 2004, le magazine gratuit Sport a fêté son numéro 200 en janvier 2009. Concurrent de l’Equipe Magazine – vendu avec le journal l’Equipe (Groupe Amaury) paraissant le samedi – le titre continue de proposer un contrat de lecture original avec non seulement un contenu “événement” couvrant l’ensemble des sports “classiques” et médiatisés tels que le football, le rugby, le tennis, le basket, etc. mais également un contenu “lifestyle” avec une couverture des sports extrêmes (surf, snow, skate, freestyle…) et sous-médiatisés (équitation, athlétisme, escalade…). Par ailleurs, la place forte accordée à la pédagogie et à l’iconographie favorise la rupture avec l’idée préconçue d’un journal gratuit forcément low cost et donc de mauvaise qualité graphique et éditoriale (lire l’article sur la presse sportive). Distribué en 2009 à hauteur de 500 000 exemplaires dans 11 villes de France (après quelques mois à 1 million dans une cinquantaine de villes en 2007), le magazine a été exporté en Angleterre dans le grand Londres (350 000 exemplaires) à partir de septembre 2006 où il s’est imposé en moins d’un an dans un marché de la presse masculine relativement mature.

Sur Internet, la concurrence est plus rude avec de nombreux pure players. A l’occasion de la Coupe du Monde de Football en 2006, le magazine dépasse le stade du site compagnon – qui proposait aux internautes le titre en version PDF, ainsi que les points de distribution) – avec un site événementiel baptisé freesport.fr. A partir de septembre 2006, le site dévoile une identité graphique web 2.0 et s’enrichit éditorialement avec une couverture de l’outdoor et du freestyle. Les axes vidéo et communautaire sont également développés. Baptisé myfreesport.fr, le site franchit la barre du million de visiteurs uniques en l’espace de 12 mois. D’après les chiffres de Médiamétrie / Nielsen NetRatings de décembre 2008, la version en ligne de l’hebdomadaire pointe au troisième rang (hors portails) de l’univers “Sport” avec 1,4 million de visiteurs uniques. Lequipe.fr caracole en tête du classement avec 4,2 millions de VU, suivi par Eurosport.fr et 2,5 millions de VU.
Il est à noter que, depuis son lancement, le site Internet ne bénéficie que partiellement de la puissance de la marque du magazine pour générer un rebond print/web. En effet, deux marques différentes co-existent pour un même titre : Sport et Myfreesport. A l’occasion du 200ème numéro, ces deux marques disparaissent. Les supports papiers et numériques disposent désormais d’une seule et même marque : Sportweek.

La société opère un virage stratégique sur le web avec la mise en place, à l’instar du Groupe Sporever, de “verticales” thématiques à fort potentiel (chiffre d’affaires et/ou audience) : naissent ainsi myfreefoot.fr et myfreestyle.fr à l’automne 2008, récemment renommées sportweekfoot.fr et sportweekxtreme.fr. Il est intéressant de noter l’idée de verticales sera également déclinée sur le support papier au cours de l’année 2009. En effet, Sportweek devrait lancer des trimestriels thématiques (aventure, freestyle, running et digital) diffusés à 50 000 exemplaires et un semestriel à 150 000 ; la distribution sera assurée par les magasins de sport et sur des événements.

Toujours indépendante, la société Sports Médias et Stratégie qui édite Sportweek et compte parmi ses actionnaires les fonds Galileo Partners et Iris Capital détonne le milieu concentré des médias. Annoncée comme proche de l’équilibre financier, l’entreprise a été approchée par quelques grands groupes tels que Lagardère et Bolloré dans le cadre de la fourniture de contenus, respectivement pour le cahier “sport” du Journal du Dimanche et le journal événementiel “Direct Sport” pendant l’Euro 2008 de football. Ces partenariats n’ont pas a priori pas été suivis d’actions plus stratégiques. Le contexte actuel de crise et d´explosion du marché du crédit sera-t-il un frein pour des géants à compléter leur offre média en termes de thématique ou de périodicité ? Ou bien une opportunité pour Sportweek à démontrer sa capacité à dégager des bénéfices et conserver son indépendance ?

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Presse quotidienne sportive, Partie 3 : “Le 10 Sport” contre Amaury - Quelles perspectives ?

 

Le match 10 Sport Vs. L'Equipe et Aujourd'hui SportDans cette troisième partie, nous allons tenter d’établir un diagnostic et d’effectuer un exercice de prospective.

Malgré quelques différences – actionnariat et puissance de frappe, objectifs de diffusion et de CA –, les deux nouveaux titres sont similaires à bien des égards — date de lancement, prix, format, parution et positionnement éditorial – afin de produire un quotidien low-cost.

Si le modèle d’Aujourd’hui Sport est clairement calqué sur le 10 Sport, l’objectif est d’occuper le terrain face à cette nouvelle concurrence et d’empêcher son développement grâce une stratégie d’usure.
On observe que le lancement des deux quotidiens n’a pas pénalisé la diffusion de L’Equipe  — ce qui validerait la complémentarité en termes de ciblage et de couverture éditoriale. Mieux, le marché de la presse sportive quotidienne aurait augmenté de 27 points (base 100 – L’Equipe seul sur le marché), soit 85 000 exemplaires supplémentaires en moyenne. L’hypothèse de coexistence d’un ou plusieurs titres en plus de L’Equipe serait validée.

Malgré cela, la situation n’est pas moins tendue pour Le 10 Sport. Les coûts — rédaction, communication, fabrication et distribution – sont limités au maximum (modèle low-cost). Quant à la structure de revenus dont les recettes publicitaires montent à hauteur de 35% et risquent de souffrir avec la crise et une éventuelle saturation du marché publicitaire, il semble que Le 10 Sport devra surtout compter sur les ventes en kiosque (65% des revenus projetés) et sur-performer pour atteindre la rentabilité.

Ce fragile équilibre risque de s’effondrer avec la pression constante assurée par le groupe Amaury et l’arrivée d’un quatrième entrant  baptisé Le Foot, soutenu par Robert Lafont et dont le lancement est prévu le 26 janvier 2009.

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Accédez aux premiers volets de l’article :
Partie 1 : analyse des forces en présence sur le segment de la presse sportive
Partie 2 : analyse SWOT du quotidien “Le 10 Sport”